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Chuck Norris Power

Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.

Chuck Norris peut gagner une partie de puissance 4 en trois coups.

Dieu a dit: que la lumiere soit! et Chuck Norris répondit : On dit s'il vous plait.

Chuck Norris est la raison pour laquelle Charlie se cache.

Le calendrier de Chuck Norris passe du 31 mars au 2 avril. Personne ne fait de blague à Chuck.

Si "Denver" est le dernier des dinosaures, c'est que Chuck Norris l'a trouvé plus sympathique que les autres.

    Allez voir sur: http://chucknorrisfacts.fr/index.php

Après m'être sentie seule en boîte au milieu de tous ces lorrains qui entonnaient Marée Basse à tue-tête, j'ai décidé de prendre les choses en main! C'est pas une bande d'ivrogne et des mots bizarres qui vont me faire peur!

Alors, avec les listes de vocabulaire de mon bizuth et le CD des amis d'ta femme, je me plonge dans les profondeurs de la culture de ma région d'adoption...

Au bout d'un moment ça commence à rentrer, et je pourrais bientôt chanter ces monuments de la musique française sans hésiter à chaque mot... enfin j'espère...

Bon, pour ceux qui comme moi sont incultes en la matière et souhaitent se perfectionner, je vous laisse les paroles de deux petits airs sympathiques...

LAISSE TOMBER GROS: (adaptation étrange de Laisse béton de Renaud)

Cette chanson provient de l'ineffable contention qu'ont les Lorrains à oublier le prénom de leurs interlocuteurs.
Exemple : Comment k'c'est... euh... gros ?

J'étais tranquille, j'étais peinard,
Ch'picolais une bibine.
Le câtche est entré dans le bar,
Vlà pô qui chpeunait ma copine.
Pis y s'est approché de moi
Et y m'a regardé comme ça
"Ta gonzesse, ouarkla, c'est d'la gerce !
Ch'parie xé une reuleuleu,
Elle a une vraie tête de beubeu.
Quoixi elle avait pô d'loucaves,
J'la bouillav'rais bien dans la cave.
Chteu la tchour', pet'-tô la tchave !"
Ma j'ié dit "Laisse tomber, gros !"

M'a filé une torgnole,
J'ié mis un coup d'chnopse.
L'a sorti son laguiole,
J'ié filé ma mosse.

J'étais tranquille, j'étais peinard,
Je réparais mon bas-moteur.
Le câtche est entré comme une fots,
Pété par le diable, j'ai eu peur.
Pis y s'est approché de moi
Et y m'a regardé comme ça
"T'as un carbu, Lulu, y pue pô du cul !
Ch'parie xé un Dellorto,
Un carbu comme ça, c'est michto.
Une pipe de quinze, après tu châbles,
Mais bon si tu t'crounch, c'est la lâtche.
Ôt'tô deu d'là, fais pô la fâtche !"
Ma j'ié dit "Laisse tomber, gros !"

Y m'a traité d'tapette,
J'ié dit "Alors là, mon cul !"
L'a sorti sa serpette,
J'ié filé mon carbu.

J'étais tranquille, j'etais peinard,
J'm'amusais à planter mon chlâsse.
La fots est entrée dans le bar
Avec son survêt' super clâsse.
Pis y m'a tapé dans la panse
Et y m'a r'gardé d'un air dense :
"Comment xé, gros, ça guet's môl ?
Chuis marâve par les chtars,
Si tu m'as boucave, t'es tricard.
On va se chtôsse dehors, lenri,
A grand coups de kit malossi.
On s'retrouv'ra à Charles-Trois !"
Ma j'ié dit "Laisse tomber, gros !"

M'a dit "Enculé d'ta mère !"
J'ié dit "Tu traites pô ma mère !"
M'a dit "Kessk'y a, t'as les pounches ?"
J'ié dit "Nan, j'ai pô les pounches !"

Arkott' la morale y en a pô.
Viens là Sandra, on s'fout la tchâve.
Monte derrière ma, j'ai un bicul.
Chteu mettrai ptét' un doigt dans l'nez.
En résumé, arkseuss' ma mère !
Où c'est qu't'en es ? File mô une chmère .
Ici c'est rempli d'têtes de cons,
Va y avoir d'la chtôss dans l'caillon !

Hey, les mecs j'ai un scooter !
Oh, la latche, hey, attend c'est un MBK
Et c'est encore pire les MBK t'façon
Les scooters c'est pour les rappeurs
Et les rappeurs c'est des pédés
Bon faut qu'j'y aille Joe
Et t'as pas tché, toi, là...

MAREE BASSE: (à chanter quand on a un coup dans le pif)
je ne sais pas pour vous
mais pour ce qui est de moi
faudrais que j'boive un coup
tout, nimporte quoi
ca fera bien l'affaire
a force de chanter
de hurler et de braire
jai besoin d'picoler
mais qu'on ne me serve pas
du jus de fruits ou de la flotte
surtout pas de coca
je tiens trop a ma glotte

refrain:
patron ya marée basse
fait moi voir la ptite soeur
jai le gosier qui s'lasse
être tout sec quelle horreur

un bon demi bien frais
pour y mettre du gout
le picon ya qu'ça d'vrai
ou meme un petit rouge
un bon vieux jaja
plus ca tache et mieux c'est
ou bien un pastaga
mais sans glaçons s'te plaît
tequila, gin, vodka
rhum ou encore whisky
sert moi tout c'que tu as
tu me sauve la vie

refrain:
patron ya marée basse
fais moi voir la ptite soeur
jai le gosier qui s'lasse
être tout sec quelle horreur

jai besoin de fortifiants
y'en a bien dès qui s'dope
l'alcool c'est important
pour qu'l'humeur se developpe
et même si ca rend beauf'
quoi qu' ca depend pour qui
l'hiver ca me rechauffe
l'ete ca m'rafraîchit
et tanpis pour mon foie
on crevera tous ca se fete
autant viv' dans la joie
merde on est pas des bêtes

refrain
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Pendant mes heures de surveillance, je me suis livrée à un petit exercice de style. Me replongeant dans les cours de Mr Ke., j'ai retrouvé une page d'un dictionnaire précieux....après quelques tours de passe-passe, voilà ce que ça donne:

" Un jour qu'il faisait beau temps, j'excitai mon fier contre ma commune, lui priant d'aller quérir mon zéphir dans mon précieux. Me dirigeant vers l'écueil des libertés dans mon assemblage de quatre corniches et ses pluches, je contemplai le radieux muable en ravissai cet attelage en articulant tout à fait bien ma voix. Je ne regrettai alors ni le siège de Vulcain qui m'avait servi d'ardent durant ces longs mois d'hiver, ni la torpeur des contre-coups de l'amour permis qui me cloisonnaient dans ma vaste demeure. Je pouvais à présent assister au mélange des vices et des vertus, le rusé inférieur à son aise, l'économie de ma tête bien gardée, et l'oreille attentive aux paquets sérieux des freluquets à l'intelligence épaisse. Leurs lumières éloignées ne me faisaient certes pas pousser le dernier rude contre ces ignorants du sublime.... J'appréciais de nouveau la compagnie d'un peuple de frange..."

 

C'est tout pour l'instant, j'attends de trouver une autre page de ce dictionnaire pour tapoter la suite...

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J'essuie assez régulièrement des remarques quant à mes goûts quelques peu légers en matière de cinéma ou autres joyeusetés télévisuelles. Et bien je répondrais à ces critiques, la plupart du temps fondées, qu'il n'y a rien de tel que de se vider la tête quand celle-ci menace d'exploser à tout moment.

Peut-être que j'exagère, peut-être que j'abuse de ces instants de bonheur futile....et alors? suis-je plus blonde pour autant? est-ce que je mérite moins ma place en prépa? est-ce que ça veut dire que je ne suis pas capable de suivre une conversation sensée avec des gens cultivés?.....j'espère que non, sinon c'est triste.

Quoiqu'il en soit il est toujours agréable de pouvoir se réfugier dans quelque chose. Pour certains c'est l'écriture mais moi à part les poèmes je n'arrive pas à pondre grand chose sans avoir l'envie destructrice de tout déchirer. Pour d'autres ce sera le sport, mais forcée de constater que je ne suis pas faite pour ça. Il y a aussi ceux qui font du latin (comme mon cher et tendre collègue) mais mon 3/20 m'indique une autre voie à suivre. Ou encore ceux qui ne pensent qu'à bosser en écoutant du Patrick Fiori......quelle horreur! On n'est pas des machines!

Bref....à tous ceux qui trouvent mes choix enfantins, à tous ceux qui peut-être ignorent ce que c'est de se réfugier dans une réalité fictive, à tous ceux qui ne suivent pas le bovarisme qui m'incombe, je vous souhaite de trouver une occupation plus jouissive ... regardez la REVANCHE D'UNE BLONDE, c'est fendard!...en espérant que vous continuerez à m'estimer un peu!

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La période des fêtes laisse bien souvent place à un méga boxon (pour rester polie) au niveau des programmes télévisuels! En tant qu'accro à la télévision (je sais c'est mal, je devrais lire ça fait plus classe) je suis contrainte à chaque noël de regarder les mêmes films bidons avec les mêmes mauvais acteurs et les mêmes fins joyeuses!

Y'en a marre!! Vous me direz que je ne suis pas obligée de rester devant mon écran (d'autant plus que ça m'empêche de faire mes nombreux devoirs de jeune fille studieuse!) mais j'y arrive pas alors je me tape inlassablement les miévreries enguirlandées que les chaînes nationales se font le plaisir de nous resservir!

Bien sûr il y a les De Funès, les Bourville, les Peplum (je sais pas si au pluriel ça fait Pepla, je débute le latin!) et les grandes épopées qui restent sans aucun doute des monuments du cinéma, mais à côté on trouve Babe le cochon devenu berger, Le fils du Père noël et Barbie !

Comment voulez-vous que ces deux types de productions ne jurent pas!?

Alors, comme je suis une habituée de ce genre de dilemme de la télécommande je me dis qu'il y a toujours moyen de se ratrapper avec des séries TV et autres Soap nunuches qu'après tout je regarde avec beaucoup de plaisir! Mais là horreur et damnation! Je ne trouve encore que des rediffusions!

Pas de nouvelles séries captivantes, pas d'inédits de mes séries préférées, pas de changement !!!!!! A la place il y a encore du Beverly Hills! Et là c'est choquant! Parce que supporter les dernières saisons de cette séries phare ça me gêne pas du tout, d'autant plus que je ne les ai vu qu'une fois pour la plupart (ouais c'est déjà beaucoup, vous m'arrêter quand vous sentez que mon QI chute irrémédiablement!) mais me retaper les tous premiers épisodes avec cette pauvre bécasse de Donna encore vierge même si elle chauffe son David à la boucle d'oreille (d'ailleurs je me demande comment elle faisait avec des tenues et une coiffure pareilles!!! Autre temps, autres moeurs, et comme dirait l'autre "le coeur a ses raisons que la raison ne connait point"!), tandis que Brenda, soeur de Brendon (et ouais les parents avaient pas beaucoup d'imagination) quitte Dylan qui court chez Kelly, en plein drame métaphysique car incapable de décider de quelle couleur elle va repeindre sa chambre (bleu ciel ou rose? telle est la question), et alors que Steeve tente encore et toujours de lutter contre son destin de fils de riche en faisant un maximum de conneries! Bref, vous l'avez compris je connais ce monde snobinard comme ma poche et j'en peux plus...

..... parce que le problème de ce genre de navets c'est que moi, pauvre adepte de la zapette cruche comme une bille (oulala c'est bizarre cette expression!), je ne peux pas m'empécher de rester sur mon fauteuil devant ces rediffusions....

ALORS SAUVEZ-MOI, VOUS LES PROGRAMMATEURS DE TFbidule, et M machinchose, CHANGER DE DISQUE, OU PLUTOT DE CASSETTE, POUR QUE JE ME SENTE MOINS COUPABLE DE GACHER MON TEMPS.... et ouais tout ça c'est un problème de conscience, je veux pouvoir me dire que j'avance et non que je retourne en arrière, je veux que cette gourde de Donna change de coiffure et que ce crétin de Brandon nous fasse oublier son prénom ridicule!!!

Je sais que j'insiste sur Beverly Hills, désolée pour ça mais c'est l'exemple le plus flagrant que j'ai vu ce matin et qui m'a inspiré cet article...

pour conclure je vous donnerais ce conseil qui ne vaut pas grand chose:

CONTINUEZ A REGARDER LA TV MAIS REGARDEZ-LA BIEN!

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Et oui, maintenant que je suis dans une grande ville étudiante comme Nancy, je ne pouvais échapper aux soirées organisées par la ville pour nous autres prépas et gens de la fac....

Au programme:

visite du Musée des Beaux Arts..... si c'est pas de la culture franchement!

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J'attire à présent votre attention sur un problème écologique très très grave!!!

En effet, mon petit frère (qui regarde Arte à ses heures perdues avec un plaisir on ne peut plus évident) s'est intéressé au problème de l'inflation démographique des crabes due à la disparition de l'espèce Morue, décimée par les phoques!

Certes, il s'avère que les morues sont les principaux prédateurs des crabes et ainsi si elles venaient à être moins nombreuses les conséquences seraient catastrophiques sur la hierarchie naturelle des éspèces vivantes!

Bref, je sens que vous êtes déjà concernés par ce problème captivant et que vous veillerez à l'avenir à laisser les morues que vous croisez dans la rue tranquilles, et ce pour la survie de notre planète car que serait le monde si les crabes nous envahissaient.....ce serait pas cool!

Et puis c'est tellement sympa la fête à la morue!!

 

Pour information: La pêche des crabes au Québec se déroule du 1° Avril au 14 Juillet

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Loin d'être une experte en la matière, je me suis attelée à la lourde tâche de visiter une exposition d'art contemporain au coeur de Paris et de tenter d'en comprendre le sens, si sens il y a!

Ma soeur et ma grand-mère furent mes guides lors de cette excursion et voilà ce dont nous avons été témoins:

Tout d'abord, l'exposition intitulée LA FORCE DE L'ART avait lieu à Paris, au Grand Palais:

 

et voici quelques extraits de l'expo:

Et y'a une phrase qui m'a marquée:

"EN RAISON DE L'INDIFFERENCE GENERALE, DEMAIN EST ANNULE"

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J'ai fait un article sur Michel-Ange mais il fallait que j'en consacre un entièrement à son oeuvre majeure: La voûte de la chapelle Sixtine au Vatican.

(clin d'oeil à Audrey Enocq, auteur de cette étude très complète)

LA CHAPELLE SIXTINE

 

 

 

 

 

‘’Les fresques que nous contemplons ici nous introduisent dans le monde de la Révélation, nous parlant ici et là des vérités de notre foi. Le génie humain y a puisé son inspiration pour les revêtir de formes d'une beauté incomparable". Par ces mots prononcés durant l’Homélie (Sermon, instruction, commentaires sur des textes religieux ; discours ennuyeux, plein d'affectation moralisante ou doctrinale) de la Messe célébrée le 8 avril 1994, à la fin des travaux de restauration du Jugement Dernier, le pape Jean-Paul II a souligné la sacralité du lieu où les fresques, telles les images d'un livre, rendent plus compréhensibles les vérités exprimées dans les Saintes Ecritures.

 

 

 

 

 

 La Chapelle Sixtine prend son nom du Pape Sixte IV della Rovere (pape de 1471 à 1484) qui fit restaurer l'ancienne Cappella Magna entre 1477 et 1480. La décoration des parois remonte au XVe siècle et comprend: les tentures en trompe l'œil, les Histoires de Moïse (parois sud et entrée) et du Christ (parois nord et entrée) et les portraits des Papes (parois nord, sud et entrée). Sa réalisation fut confiée au départ à une équipe de peintres tels que Pietro Perugino, Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio, Cosimo Rosselli, soutenus par leurs ateliers respectifs et par leurs plus proches collaborateurs dont Biagio di Antonio, Bartolomeo della Gatta et Luca Signorelli. Pier Matteo d’Amelia a peint un ciel étoilé sur la voûte. Les fresques furent réalisées de 1481 à 1482. Le 15 août 1483 Sixte IV consacra la nouvelle chapelle et la dédia à Notre-Dame de l'Assomption. Jules II della Rovere (pape de 1503 à 1513), neveu de Sixte IV, décida de modifier en partie la décoration. En 1508, il confia les travaux à Michel-Ange Buonarroti qui exécuta la voûte et les lunettes en haut des murs. Les travaux furent terminés en octobre 1512 et Jules II inaugura la Chapelle Sixtine le jour de la Toussaint (le 1er novembre) par une messe solennelle. Les neuf scènes centrales représentent des épisodes de la Genèse, de la Création à la Chute de l'homme, avec le Déluge et la renaissance de l'humanité par la famille de Noé.

 

 

Dans les espaces entre les voûtains, cinq Sibylles et sept Prophètes sont assis sur des trônes monumentaux. Dans les pendentifs des quatre angles nous trouvons les Secours miraculeux de Israël tandis que les voûtains et les lunettes (parois nord, sud et entrée) accueillent les Ancêtres du Christ. Vers la fin de l'année 1533 Clément VII de Médicis (pape de 1523 à 1534) demanda à Michel-Ange de modifier ultérieurement la décoration de la Chapelle Sixtine en peignant le Jugement Dernier sur le mur du fond de l'autel. Ceci entraîna la perte des fresques du XVe siècle, c'est-à-dire du retable de Notre-Dame de l'Assomption parmi les Apôtres et les deux premiers épisodes des Histoires de Moïse et du Christ, peints par le Pérugin. Sur cette fresque, Michel-Ange a voulu représenter le retour glorieux du Christ en s’inspirant des textes du Nouveau Testament. L'artiste débute cette œuvre grandiose en 1536 sous le pontificat de Paul III. Il l’achèvera en automne 1541. Michel-Ange se sert de son extraordinaire talent artistique pour traduire en formes visibles l'invisible beauté et majesté de Dieu. Guidé par les paroles de la Genèse, il a fait de la Chapelle Sixtine "le sanctuaire de la théologie du corps humain". (Homélie prononcée par Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II le 8 avril 1994). Les fresques du mur d’entrée ont été refaites pendant la deuxième moitié du XVIe siècle. Hendrik van den Broeck a repeint la Résurrection du Christ de Ghirlandaio et Matteo da Lecce le Différent sur le corps de Moïse de Signorelli, gravement endommagées par l'écroulement de la porte en 1522. Les fresques de la Chapelle Sixtine ont été entièrement restaurées entre 1979 et 1999. La Chapelle accueille le Conclave lors des élections papales. Dans son Homélie sa Sainteté le Pape Jean-Paul II souligne l'importance de la Chapelle Sixtine dans la vie de l'Eglise : "La Chapelle Sixtine est pour chaque Pape, le lieu qui garde la mémoire d'un jour particulier de sa vie… C'est précisément ici, dans ce lieu sacré, que les Cardinaux se recueillent en attendant la manifestation de la volonté du Christ quant à la personne appelée à être le Successeur de Saint Pierre. [...] C'est ici que par esprit d'obéissance au Christ et en me confiant à sa Mère, j'ai accepté l'élection du Conclave, en déclarant [...] ma disponibilité à servir l'Eglise. Encore une fois, la Chapelle Sixtine, devant toute la Communauté catholique, est devenue le lieu de l'action de l'Esprit Saint qui constitue les Evêques en l'Eglise et de façon particulière celui appelé à devenir Evêque de Rome et Successeur de Pierre."

 

 

Voûtains

 

 

 

 

Les huit cantons de voûte dans lesquels sont représentés des groupes de personnages, achèvent la série des Ancêtres du Christ des lunettes sous-jacentes.

 

 

 1 : voûtain de la lunette Josias, Jechonias, Salathiel

 

 

2 : voûtain de la lunette Ezéchias, Manassé, Amon

 

 

3 : voûtain de la lunette Asa, Josaphat, Joram

 

 

4 : voûtain de la lunette Jessé, David, Salomon

 

 

5 : voûtain de la lunette Zorobabel, Abiud, Elyaquim

 

 

6 : voûtain de la lunette Ozias, Yotam, Achaz

 

 

7 : voûtain de la lunette Roboam, Abiyya

 

 

8 : voûtain de la lunette Salma, Booz, Obed

 

 

 

 

Les pendentifs

 

 

 

 

Les grands pendentifs aux quatre coins de la voûte narrent quatre épisodes du salut miraculeux du peuple d'Israël. On peut les interpréter comme des préfigurations du Messie car ils témoignent de la présence constante de Dieu dans la vie de son peuple et du renouvellement perpétuel de la promesse de la Rédemption. Ils constituent donc le trait d'union entre les épisodes de la voûte et ceux des murs.

 

 

  
1 Judith et Holopherne

 

 

<Judith fut laissée seule dans la tente avec Holopherne effondré sur son lit, noyé dans le vin. Elle s'avança alors vers la traverse du lit proche de la tête de Holopherne, en détacha son cimeterre, puis s'approchant de la couche elle saisit la chevelure de l'homme et dit : "Rends-moi forte en ce jour, Seigneur, Dieu d'Israël !". Par deux fois elle le frappa au cou, de toute sa force, et détacha sa tête... Peu après elle sortit et donna la tête d'Holopherne à sa servante.

 

 

L'Ancien Testament relate l'épisode de Judith sauvant sa ville de Béthulie du siège de Holopherne, le général du roi assyrien Nabuchodonosor. Elle décapita Holopherne après un banquet où il s'était enivré puis porta sa tête à ses concitoyens. Trois scènes viennent illustrer cet épisode : à gauche les gardes endormis ; au centre Judith et sa servante en train de couvrir d'un linge la tête d'Holopherne, dont les traits rappellent ceux de Michel-Ange ; à droite le corps mutilé d'Holopherne.

 

 

2 David et Goliath

 

 

. Les deux champions, Goliath et David

 

 

La guerre et le défi
     

 

 

Les Philistins envahissent le pays de Juda, Israël se prépare à la défense. Mais le combat ne s’engage pas puisque les Philistins prennent l’initiative de déléguer un champion pour provoquer un duel. Sûrs de leur supériorité, ils «prennent le risque» de laisser une chance à l’ennemi.

 

 

Présentation de Goliath
     

 

 

Aspect extérieur : supérieur à deux mètres, c’est un homme de guerre suréquipé, tant pour la défense (casque, cuirasse, jambières, bouclier avec son porteur) que pour l’attaque  (javelot de bronze et lance avec sa pointe de fer sans compter l’épée). Le poids de ses armes est énorme, à l’image de sa stature.

 

 

D’après Goliath, les relations entre humains semblent se réduire à un seul modèle: il y a des maîtres et des esclaves, et les plus forts imposent leur maîtrise. Ce géant se présente comme invincible et c’est bien pour cela qu’il propose le duel. Israël n’a pas le choix. Si un soldat affronte Goliath, il court à l’échec et entraînera Israël dans sa chute. Mais si personne n’ose relever le défi, c’est que la peur est la plus forte, et, dans ce cas, Israël sera une proie facile pour l’ennemi.

 

 

Présentation de David
     

 

 

On quitte le champ de bataille et les Israélites paralysés par la peur pour rejoindre David avec le troupeau à Bethléem. Contrairement à ses frères, ce n’est pas un soldat. Il est berger au service d’un troupeau qui appartient à son père, Jessé, et dont il prend soin. Jessé ignore tout du drame qui se déroule au front et envoie son fils David amener de la nourriture à ses frères sur le champ de bataille. La visite de David apparaît bien dérisoire dans un moment où la logique guerrière ne donne d’autre issue que la fin d’Israël et son esclavage.

 

 

 . Le guerrier et le pasteur
 
L’opposition Goliath-David n’est pas celle du grand contre le petit, mais plutôt celle du guerrier contre le berger. Le berger est celui qui prend en charge les bêtes en exerçant sur elles une certaine maîtrise pour leur bien et de manière substantiellement pacifique ou non-violente. Il se met au service de ses bêtes et de leur bien-être, et, en retour, le troupeau lui fournit de quoi vivre. Dans cette relation, le bien de l’un rejoint le bien de l’autre - logique d’alliance.
     Au contraire, le chasseur prouve sa supériorité et sa maîtrise sur l’animal en le mangeant après l’avoir tué. Le bien de l’un implique du mal pour l’autre, et la relation est à sens unique - logique d’envie, de convoitise, de concurrence.
     Quant au guerrier, sa figure est une variante de celle du chasseur puisque c’est un homme qui fait la chasse à l’homme. Sa logique est identique à celle du chasseur : violence, loi du plus fort, désir d’éliminer le rival, de le mettre à son service. C’est bien là la logique de Goliath. Saül et Israël sont paralysés car ils se situent dans la logique du guerrier.

 

 

. Le pâtre David face à la peur des soldats
Face à l’effroi des soldats et à la crainte du roi, David se sent sûr de lui. Il n’a pas peur. La vue de Goliath fait fuir toute l’armée. Tandis que les autres ne cherchent à s’imposer que sur le plan militaire et constatent que cela leur est impossible, David est le premier à trouver des mots pour décrire la situation telle qu’elle est : un déshonneur pour Israël. Goliath est un incirconcis qui a osé défier le Dieu vivant, la situation concerne donc Dieu lui-même et n’est pas sans issue.

 

 

. David face au roi
Saül tente de freiner l’ardeur de David, avec la logique du guerrier qui pense en termes de rapports de force. Mais cette logique n’est pas celle de David : il est berger et, comme il a défendu les bêtes contre les fauves, il défendra le troupeau du Dieu vivant contre la férocité bestiale de Goliath. David ajoute que ses exploits de berger intrépide ne sont pas à rapporter à ses mérites ou à sa bravoure.

 

 

. L'armure de Saül
Lorsque Saül revêt David de ses armures de guerrier, David ne peut plus bouger. Il est paralysé tout comme les autres soldats. Dans une logique de guerrier, David n’est pas à la hauteur. De plus en donnant son uniforme à David, Saül reconnaît implicitement qu’il lui cède sa place. Comme si Saül, guerrier, reconnaissait son incapacité à être roi et laissait sa place au pasteur. C’est donc bien en pasteur que David court affronter Goliath.

 

 

 . Le duel des champions
Au mépris et à l’arrogance du guerrier dont la confiance en lui semble inébranlable, répondent la liberté et l’audace du jeune berger qui met sa confiance en un Dieu qui l’a libéré des griffes d’autres fauves. Quant au récit de l’affrontement, il est d’une rapidité surprenante. A peine le guerrier s’est-il ébranlé comme un char d’assaut pour tout écraser sur son passage, qu’il se retrouve à terre, écrasé par sa propre masse autant que par le caillou ajusté par David. Le duel s’achève avant d’avoir commencé.
Derrière les armes plus rudimentaires de David, il y a, dit-il, «le Nom du Seigneur, du Dieu d’Israël» que Goliath a défié. Telle est en effet l’arme de David : la confiance en celui qui libère son peuple de l’oppression, de la mort et de l’esclavage. Dans les propos méprisants qu’il tient devant son adversaire, Goliath maudit David par ses dieux. Par delà les dieux des Philistins, ceux de Goliath sont en réalité la force, la suffisance, la soif de pouvoir et de gloire. A ces dieux, David oppose le Seigneur. De lui, il affirme que l’issue du combat lui appartient. Ainsi la justice triomphe de la force, la générosité l’emporte sur la volonté de puissance, la droiture vient à bout de l’arrogance et l’humilité est plus forte que la gloire.

 

 

. Le roi, image d’un Dieu pasteur et libérateur
 
David exprime la visée essentielle de son action : «Et tout le pays saura qu’il y a un Dieu en Israël». Pasteur victorieux du guerrier, David se montre digne d’être roi, non seulement parce qu’il a défendu efficacement le peuple contre son agresseur, mais aussi parce qu’il a permis à Dieu de révéler qu’il vit en libérateur au milieu de son peuple.

 

 

3 Punition de Aman

 

 

L'épisode se situe après la destruction du premier temple de Jérusalem. Alors qu'une grande partie de la population juive est exilée d'Israël à Babylone. Assuérus (Xerxès I)  frère de Nabuchodonosor régnait de l'Inde à l'Ethiopie. Il, décide alors d'offrir un banquet à tous les habitants de Suze capital de la Perse, après l'avoir déjà fait pendant 180 jours pour l'ensemble du royaume. C'est l'occasion pour lui de procéder à l'étalement de ses richesses. Pour couronner le tout, il convoque la Reine Vashti, réputée en Perse, pour l'exposer à ses convives. Celle-ci s'oppose. Ce comportement semble tellement déshonorant pour le roi, qu'il la répudie et la fait remplacer par Esther. Mardochée oncle d'Esther, se rendait souvent au palais pour lui rendre visite. C'est ainsi qu'un jour, il surprend deux gardes entrain de préparer un complot contre le roi. Il en informe Assuérus par le biais de sa nièce, ce qui lui vaut d'être mentionné dans le livre des mémoires du roi. Une nuit, alors qu'Assuérus ne trouvait pas son sommeil, demande que la lecture de ses mémoires lui soit faite, et tombe sur le récit de Mardochée. Il fait convoqué Aman son ministre, et lui demande conseil sur la récompense à accorder dans une pareil situation. Aman pensant qu'il s'agissait de lui, recommande de prendre la personne concernée, de la vêtir des habits royaux et de la promener dans toute la ville sur un cheval. Il en fut ainsi Assuérus demande à Aman d'en faire autant à Mardochée. Cela n'a fait qu'accroître la haine d'Aman envers les juifs. A la suite de cela, il fait décréter l'annihilation de tous les juifs apposée du sceau royal. Esther va révéler à Assuérus lors d'un festin, qu'elle va organiser, qu'elle est de confession juive et la menace plane sur elle et son peuple. Pris de confusion, le roi quitte la salle. Aman implore la pitié d'Esther en s'agenouillant face elle. Assuérus entre de nouveau dans la salle et pense que celui-ci est entrain de courtiser la reine. La colère s'empare de lui et demande à ses gardes que Aman et ses enfants soient pendus.

 

 

 

Dans la Chapelle Sixtine, le châtiment d’Aman, tiré du livre d’Esther, est relaté en trois épisodes séparés les uns des autres. La reine Esther, une juive, avait fait preuve d’un extraordinaire courage en attirant l’attention d’ Artaxerxès (premier fils et successeur de Xerxès Ier) sur un pogrom que préparait Aman. Derrière à gauche se déroule l’événement le plus souvent représenté, avec Esther dénonçant Aman à Artaxerxès. A droite, le gredin, vêtu de jaune, quitte les appartements royaux pour aller quérir des vêtements destinés au juif Mardochée, assis près de la porte. 

 

 

4 Serpent de bronze

 

 

Le livre des Nombres raconte qu'à la fin de son exode vers la terre promise, le peuple juif a traversé une région infestée de serpents venimeux, et qu'un grand nombre de gens ont été mordus et sont morts. Moïse alors intercéda pour le peuple, et le Seigneur lui fit cette réponse : "Façonne l'image d'un serpent, et fixe-la en haut d'une perche. Quiconque aura été mordu et regardera vers cette image sera sauvé". Moïse façonna donc une sculpture de serpent en bronze, et la fixa en haut d'une perche ; et lorsqu'un serpent mordait un homme, celui-ci regardait vers le serpent de bronze, et - nous dit le texte - il avait la vie sauve.

 

 

On aperçoit le serpent d’airain, ou serpent de bronze, au centre du pendentif. Il est enroulé autour d’un piquet. La scène se décompose en trois représentations. La première est la vision à l’arrière plan de ce serpent qui apparaît en élévation, la seconde représente les personnages de gauche désirant être sauvés par la vue du serpent. La troisième montre les personnages, de droite, qui sont affolés, apeurés.

On peut voir une femme assise sur le sol et une autre la soutenant et tendant son bras mordu vers le serpent en signe de délivrance. Son visage est suppliant. Cette image montre la puissance de la foi. On aperçoit également un homme en haut et à droite de la lunette. Son visage est défiguré par la peur. Sa bouche est ouverte, il semble hurler. La terreur émerge de ses yeux.

 

 

Ainsi apparaît la puissance du serpent du fait qu’il est capable de diviser le peuple juif en deux camps : l’un ayant confiance en la parole du seigneur et de Moïse, l’autre étant submergé par la peur qui est la plus terrible des passions parce qu’elle fait ses premiers effets contre la raison ; elle paralyse le cœur et l’esprit’ ( Rivarol )

 

 

 

Sibylles et prophètes

 

 

 

 

Prophètes et Sibylles s'alternent sur les longs côtés, assis sur des trônes. Deux silhouettes ressortent sur les côtés plus courts: Zacharie et au-dessus de l'autel, Jonas qui occupe une position centrale car il préfigure le Christ. Les noms des Voyants sont précisés dans la plaque sous-jacente. Ils furent les premiers à pressentir la venue du Rédempteur. Les Prophètes et Sibylles témoignent que l'humanité attend continuellement la Rédemption. En effet les premiers annoncèrent la venue du Christ au peuple d'Israël et les deuxièmes, bien qu'appartenant au monde païen, sont ici représentées pour leurs dons de divinatrices, élargissant ainsi l'attente de la Rédemption du peuple élu à toute l'humanité.

 

 

1 Le Prophète Zacharie

 

 

Le prophète est représenté sur le mur d'entrée, de profil, sous les traits d'un vieil homme barbu plongé dans sa lecture. Zacharie a vécu vers 500 avant J.-C. et s'est attaché à soutenir par la parole de Dieu les Israélites rentrés à Jérusalem après l'exil de Babylone. Les Israélites étaient déçus de l'absence de signes de bénédiction divine après les fatigues qu'ils avaient dû endurer. La première partie du livre décrit huit visions qui préfigurent la venue du Messie et par lesquelles le prophète tente de redonner courage aux esprits abattus de son peuple. Aux chapitres suivants, le prophète promet l'arrivée du jour de la récompense et de la restauration future d'Israël, qui sera précédée de guerres et calamités car ils n'ont pas reconnu le Messie. Les paroles de Zacharie annonçant le Messie sont reportées dans l'Evangile selon Saint Matthieu, démontrant la venue messianique du Christ.

 

 

Zacharie siège dans une niche spacieuse. Sa silhouette projette des ombres très contrastées sur le mur. Il lit un livre. Les génies qui se trouvent derrière lui font de même, ce qui renforce l’impression d’une intense étude. Comme Zacharie avait prédit l’entrée du Christ dans Jérusalem, son effigie placée du côté de la porte fait aussi allusion à l’entrée du pape le dimanche des rameaux.

 

 

2 le prophète Joël

 

 

Le livre de Joël, un livre prophétique du vieux testament de la bible, dérive son nom du prophète Joël. Rien autre que son nom n'est connu au sujet du prophète. La date de composition était probablement entre 400 et 350 avant Jésus Christ, bien que quelques disciples le placent beaucoup plus tôt (9ème - 7ème siècle avant Jésus Christ). Le livre tombe dans deux sections. Le premier donne un exposé d'une peste des sauterelles et d'une période de sécheresse qui ravagea Juda comme symbole de jugement divin. Le deuxième promet le cadeau de l'esprit du seigneur à la population entière et déclare le jugement final sur toutes les nations, avec la protection et la fertilité pour Juda et Jérusalem.

 

 

De la main de Michel Ange, Joël apparaît d’une grande sagesse. En effet il semble captivé par sa lecture, un morceau de parchemin. On peut ajouter que cet intérêt intellectuel est accentué par son stoïcisme, son impassibilité face aux deux jeunes garçons, nommés les génies, se trouvant derrière lui et paraissant être en conflit. A la gauche de Joël, le génie portant un ouvrage montre du doigts son compagnon qui lui adresse, en conséquence, une moue dubitative. Enfin, la sagesse de ce prophète est symbolisée par sa vieillesse et par la posture de son corps désignant la simplicité et la décence.

 

 

3 la sibylle d’Erythrée

 

 

Elle aurait vécu 190 ans. Elle se serait ultérieurement installée à Cumes, en Campanie pour y apporter des recueils d’oracles (les oracles sibyllins).

 

 

Erythrée est la seule sibylle représentée sans un voile voyant sur la tête ce qui peut montrer soit qu’elle est marginale par rapport aux autres sibylles soit que Michel Ange a voulu insisté sur ce détail afin de nous montrer sa beauté naturelle et son attachement à cette sibylle. Cette singularité peut être assimiler à la position des jambes d’Erythrée. En effet, cette dernière place sa jambe droite au-dessus de son autre jambe. Ces deux détails montrent sa simplicité et son naturel. On remarque que son attention est dirigée vers l’ouvrage qu’elle étudie. Concernant son apparence physique, la sibylle d’Erythrée à la peau clair. Ainsi on peut s’imaginer qu’elle est d’une extrême douceur.

 

 

4 Le prophète Ezéchiel

 

 

< La trentième année, au quatrième mois, le cinq du mois, … le ciel s'ouvrit et je fus témoin de visions divines... Je regardai : c'était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l'éclat du vermeil au milieu du feu. Au centre, je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre animaux dont voici l'aspect : ils avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes ... Au-dessus de la voûte qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose qui avait l'aspect d'une pierre de saphir en forme de trône, et sur cette forme de trône, dessus, tout en haut, un être ayant apparence humaine … je vis quelque chose comme du feu et une lueur tout autour ; l'aspect de cette lueur, tout autour, était comme l'aspect de l'arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C'était quelque chose qui ressemblait à la gloire de Yahvé. Je regardai, et je tombai la face contre terre ; et j'entendis la voix de quelqu'un qui me parlait. Il me dit : "Fils d'homme, tiens-toi debout, je vais te parler." L'esprit entra en moi comme il m'avait été dit, il me fit tenir debout et j'entendis celui qui me parlait.>

 

 

Ezéchiel est représenté sous les traits d’un vieil homme, l’air affligé. Il tient dans sa main gauche un parchemin et sa main droite est entre-ouverte. Il regarde les génies qui se trouvent derrière lui et semble perturbé mais intéressé par ce qu’ils racontent. En effet on observe que l’un des génies lève le doigt vers les ignudi, qui se situent au-dessus sur les pilastres, et que Ezéchiel, en conséquence, regarde vers la même direction. On peut supposer qu’il puisse également observer l’une des histoires centrales de la voûte, celle de l’expulsion d’Adam et Eve du Paradis. Cette dernière idée est plus probable. 

 

 

Il fut le premier prophète d'Israël envoyé hors de son pays. Il fut en effet déporté en exil à Babylone (environ 593 av. J.-C.) où il tenta de rappeler les Israélites à leur responsabilité morale vis-à-vis de la déportation en Mésopotamie et de la destruction de Jérusalem, causée par l'infidélité à leur alliance avec Dieu. Le livre des prophéties d'Ezéchiel peut être divisé en trois parties : la première, la dénonciation des péchés du peuple élu qui porteront à l'inévitable châtiment de Dieu, arrivant à son comble dans la chute de Jérusalem. La deuxième partie est l'annonce de la ruine des peuples idolâtres. Dans les derniers chapitres le prophète reçoit de Dieu la mission de rappeler le peuple israélite à la conversion de ses péchés et d'annoncer son avenir par la vision d'une nouvelle Jérusalem, la fondation d'un nouveau culte et d'une nouvelle terre sous le guide d'un nouveau pasteur, David.

 

 

 5 la sibylle de Perse

 

 

On possède peu d’informations sur elle. Soi-disant, la sibylle d’Erythrée est la sibylle d’Afrique. Cela pourrait expliquer la présence de deux enfants noirs derrière elle mais cette idée peut être erronée à cause de la détérioration de la peinture. Cependant cet argument est accentué du fait que le visage de la sibylle est caché. De plus, aucune partie de son corps n’est dévoilée dans la mesure où elle porte une toge qui ne laisse pas apercevoir sa peau. En effet celle-ci tourne la tête en direction des enfants. Elle semble absorber par la lecture de son livre à ces derniers. Cela indique qu’elle est très affable, compréhensive et ouverte. Michel Ange crée une sibylle qui semble très humaine et sensible à l’amélioration de cette humanité, par l’intermédiaire de l’instruction.

 

 

6 le prophète Jérémie (prophète Yirméyahou)

 

 

En -627, Jérémie arrive 3 siècles après l'empire du Roi Salomon (-965-928).
Depuis, le peuple juif s'est divisé en deux royaumes rivaux: 
- celui de Yéhouda autour de Jérusalem et qui a vu 17 rois ou régents se succéder jusqu'au roi Josias contemporain de Jérémie; ils ont souvent péri tragiquement.
- celui d'Israël au Nord, qui en a vu 19 se plaçant souvent en vassaux de la puissante Assyrie pour réduire la puissance de Jérusalem.

 

 

L'Egypte s'est émancipée elle-même et tente en vain de sauver Ninive et de l'accaparer, mais elle doit se replier tout en devenant une grande puissance militaire, culturelle et économique au Sud.
 Le petit pays d'Israël ne pèse pas lourd au milieu, n'est qu'un lieu de passage, d'affrontement, un prétexte, un champ de bataille entre ces puissants.
 Le Pharaon égyptien organise alors des coalitions dans la région pour régler les comptes contre les petites empires obstinés de l'Est qui restent une menace militaire pour l'avenir. Il franchit sa frontière où Yochiyahou (Josias) le roi de Yéhouda prétend en vain lui barrer le passage. C'est la bataille et l'échec de Méguido (ville en bordure de la plaine d'Esdrelon près du mont Carmel).

 

 

Yirméyahou voit les erreurs de son peuple. Il s'agit de retrouver la raison de sa propre identité, d'abandonner toute corruption sociale jusque dans la vie religieuse, de mettre Jérusalem à sa vraie place de sanctuaire. Ainsi Jérémie apparaît comme un leader spirituel. Mais sa douleur augmentait car le peuple ne bougeait pas. Yirméyahou était en larmes devant l’indifférence. Il avait dénoncé l’entreprise du roi Josias qui ne pratiquait pas la morale de la Torah. Le peuple voulait le tuer pour son rappel à l'ordre vital, moral, de justice sociale et de droiture religieuse  pendant le règne de Yéhoyaqim (Joachim), le fils de Josias. D'autres prophètes sont simplement tués comme avertissement de se taire.

 

 

 Le prophète Jérémie est représenté sous les traits d’un vieillard qui semble préoccupé par la vie et qui est lasse de celle-ci. En effet cette lassitude se remarque par la position accablée de son corps, par son bras gauche inerte sur sa jambe et par la forme délabrée de son visage. Michel Ange le représenta également avec une longue barbe pour accentuer cet état d’accablement et d’épuisement. L’orientation de son corps et l’aspect de ses vêtements le tire vers le bas. Ainsi Jérémie semble supporter un poids trop lourd sur ses épaules. On a l’impression qu’il supporte toute la misère du monde. On peut ajouter qu’aucun génie ne perturbe le prophète. Il est seul, isolé avec son fardeau.

 

 

7 le prophète Jonas

 

 

Jonas apparaît au-dessus de l’autel tel une imposante préfiguration du Christ. Comparé à Zacharie, le vieillard, il semble gigantesque et se détache de l’architecture qui l’entoure. Ses jambes nus se balancent librement au-dessus de la voûte. L’arbre sous lequel le prophète était allongé quand il parla à Dieu y trouve place tout comme l’énorme baleine qui l’avala. L’expression du doute et de la rébellion contre l’ordre divin est admirablement mise en scène au moyen de la rotation du personnage. En effet la tête et le regard de Jonas sont orientés vers une des histoires centrales qui se trouve au-dessus de lui. Il s’agit de Dieu séparant la lumière des ténèbres.

 

 

 Le prophète Jonas est appelé par Dieu à aller à Ninive, pour y annoncer le jugement de Dieu. Il s'enfuit pour désobéir à Dieu, pour revenir ensuite. La ville sera sauvée par le message de Jonas, car elle se repentira .Entre temps, Jonas s'enfuit à Tarsis, loin de la face de l'Éternel. Il descendit à Japho, et il trouva un navire qui allait à Tarsis ; il paya le prix du transport, et s'embarqua pour aller avec les passagers à Tarsis, loin de la face de l'Éternel. Mais l'Éternel fit souffler sur la mer un vent impétueux, et il s'éleva sur la mer une grande tempête. Le navire menaçait de faire naufrage. Les marins prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s'apaisa. L'Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits.

 

 

8 Sibylle de Libye

 

 

La Sibylle, dans un mouvement de torsion, pose ou prend le livre qui est derrière elle. Vu qu'il s'agit de la Voyante la plus proche de l'autel, ce geste fut interprété par une partie de la critique comme l'acte de déposer le livre des prophéties à l'approche de la venue du Messie. En effet, la liberté que Michel Ange prend avec les motifs qu’il élabore autour d’études pour les sibylles et les prophètes est particulièrement évidente dans la Lybica. Effectuant une rotation fascinante du point de vue plastique, elle se tourne en se levant de son siège et pose son livre de côté. Dans ce mouvement de torsion, la sibylle plie sa jambe gauche tout en maintenant sa jambe droite dans la position assise prises par toutes les sibylles et tous les prophètes représentés. On remarque que l’orteil de son pieds gauche est, tout comme sa jambe gauche, plié tandis que ses autres doigts de pieds restent droits. De plus, afin de poser le livre, la sibylle arque ses bras et ses doigts, qui sont recourbés sur l’ouvrage. Ainsi cela crée une impression de fluidité dans la mesure où si l’on part de ses mains jusqu’à ses pieds, on remarque que l’on parcourt plusieurs courbes d’une régularité parfaite. D’ailleurs cette régularité se symbolise également par la tunique de la sibylle. En effet on note que le pli de sa robe forme une courbe. Ainsi la sibylle de Libye paraît esthétiquement parfaite. On aperçoit, à travers sa tunique, l’implication de Michel Ange à peindre minutieusement les formes accomplies de la musculature et de l’ossature de cette sibylle. Ces formes se remarque plus aisément grâce au dos nu de la prophétesse, ainsi que par la vue de ses bras. On peut ajouter que la liberté de Michel Ange se note aussi par la sensualité, produit par les formes de la sibylle sous la fluidité de ses vêtements et par l’ouverture de sa tunique qui se prolonge jusque ses cuisses. Michel Ange travailla également minutieusement la coiffure de la sibylle. En effet, celle-ci porte une sorte de voile qui laisse entrevoir ses cheveux tressés. Son visage reflète la magnificence de son apparence. La pureté et l’innocence s’y libèrent. Ses yeux sont entre-ouverts. Ainsi on a l’impression qu’elle regarde les génies qui se trouvent à côté d’elle. L’un d’eux tient un parchemin et montre du doigts le livre que dépose la sibylle de Libye.

 

 

9 le prophète Daniel

 

 

Très tôt, les problèmes statiques que posaient le bâtiment ainsi que l’humidité ont soumis les fresques du plafond à rude épreuve ; certaines parties s’effondrèrent lors de l’explosion de la poudrière du château des anges au XVIIIe siècle. Le personnage de ce Daniel absorbé dans sa méditation ne retrouvera pas entièrement la fraîcheur de ses couleurs d’origine après la restauration entamée en 1986 ; l’incarnat est resté trop sombre. Pourtant, la différence d’effet plastique due à l’utilisation de plusieurs pigments entre le bras gauche et le bras droit en retrait mais peint avec des couleurs plus homogènes, se remarque encore très bien.

 

 

Daniel est assis, un livre sur les cuisses soutenu par un génie. Son bras gauche est mis en avant afin de soutenir l’ouvrage qu’il étudie. Son bras et sa main sont esthétiquement magnifique dans la mesure où les métacarpiens sont peints avec une minutieuse précision.

 

 

Nebucadnetsar, roi de Babylone, assiège Jérusalem. Trois déportations successives emmèneront l'élite de Juda à Babylone. Lors de la première étape de la conquête babylonienne, un cortège de 10 000 captifs accompagne le roi vainqueur, qui ordonne alors à son chef des eunuques de choisir quelques ressortissants de race royale et de familles nobles; ils devront servir dans son palais, après avoir été enseignés selon les lettres et la langue des Chaldéens. C'est ainsi que Daniel est contraint à quitter foyer et patrie pour s'initier à la science et à la culture des Chaldéens. Daniel et ses compagnons sont donc les innocentes victimes de bouleversements internationaux. Les voici exilés, livrés aux caprices d'un dictateur qui fait trembler le monde, écartés définitivement de la cour royale de Juda, plongés dans une situation peu enviable, à des centaines de kilomètres de leur ville natale. Les connaissances qu'ils doivent acquérir sont contraires aux aspirations de leur cœur ; ils sont astreints à une religion totalement différente de la leur. Daniel ne put empêcher la déportation, mais il pouvait, par sa fidé

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Pour tout savoir sur Michel-Ange....

 

  Avec la participation de Laura, Audrey et Célia

Ses oeuvres:

BACCHUS

 

 

  La première sculpture de grande dimension fut réalisée par Michel-Ange : elle mesure 2mètres 03 de haut et porte le nom de Bacchus. Fils de Zeus (Jupiter) et de Sémélé, il est l’équivalent romain du dieu grec Dionysos, assimilé au vieux dieu italique Liber Pater. Bacchus est le dieu du vin, de l’ivresse et des débordements, notamment sexuels ; par cette image il symbolise la débauche et la beuverie. On le trouve sous deux représentations différentes : en tant que dieu de la végétation, le corps couvert de fruits des arbres ou bien en personnage orgiaque et extatique. Sculpté entre 1496 et 1498, après le premier voyage de Michel-Ange à Rome en 1496 où il a pu examiner de nombreuses statues et ruines récemment mises à jour, c’est une des rares œuvres d’inspiration païenne. Cette sculpture rivalise avec les plus grandes statues de la Rome impériale.

  La statue est composée de deux personnages ; Bacchus et un satyre (demi-dieu de la mythologie grecque, mi-homme, mi-bouc), d’une peau d’animal et un tronc d’arbre. Au centre, on trouve Bacchus, la tête penchée vers l’avant, ceinte de grappes et de feuilles, jeune homme qui tient haut une coupe de vin. Derrière lui se tient le satyre, assis sur le tronc de bois, enfant aux yeux clairs et pétillants, qui mange une grappe de raisin. Entre eux se trouve la peau de bête, qui est une peau de tigre, maintenue par la main gauche du Bacchus et qui s’enroule dans sa chute sur le bras du satyre, la tête de la bête pendant entre les deux sabots.

  Le Bacchus a l’air égaré, regarde la coupe de vin avec des yeux protubérants et une bouche ouverte avec gourmandise. Il est faible, troublé et arrogant ainsi que voué à une destruction prochaine ; en effet la tête de tigre vide est l’image de ce qui arrivera sous peu à celle du Bacchus s’il continue de mener ce genre de vie. Le Bacchus est vide, chancelant et possède déjà un ventre charnu malgré son jeune âge. Toute la force de sa composition se trouve dans la répartition des volumes. La tête inclinée en avant, le torse dur au mouvement balancé et la ligne du ventre semblent tirer le corps vers le bas. Derrière, les lourdes fesses du jeune homme sont maintenues en équilibre par de belles jambes, mais pas très fermement puisque l’on peut constater le chancellement du corps. Le pied gauche est solidement planté dans le sol mais le droit étant sur la pointe, il accentue l’impression de vertige.

 L’image que représente la statue par le contraste des personnages qu’elle comporte est claire : le Bacchus, soul et une coupe de vin à la main, a son destin tristement tracé devant lui : il est troublé, amolli et déjà vieux tandis que le satyre mangeant une grappe de raisin, symbole de la joie, d’un air innocent et grivois à la fois, restera éternellement jeune et gai, synonyme de l’enfance et de l’innocence polissonne. Cependant, cette sculpture restera essentiellement une des plus difficile à exécuter pour Michel-Ange. Elle fut réalisée à partir d’une technique appelée le contrapposto (qui signifie « le contraire » en italien) : c’est un motif en pied où les diverses formes s’équilibrent harmonieusement. Les parties portantes ou au repos s’équilibrent par une répartition ingénieuse entre la jambe d’appui et l’autre. Ce contrapposto a permit au sculpteur de donner vie au Bacchus, qui a fasciné tous les maniéristes de cette époque, admiratifs de cette œuvre de jeunesse. Ses contemporains croyaient à une parfaite assimilation de l’Antiquité mais Michel-Ange franchit avec cette figure tridimensionnelle une étape qui libère l’art des principes antiques. On peut dire que Michel-Ange a utilisé le Bacchus pour mettre son génie a l’épreuve.

  

DAVID

    

          Le David de marbre de Michel-Ange fut sculpté entre 1501 et 1504 à Florence. Haut de 4 mètres 10, il représente un homme nu, fort et musclé. Cette commande lui a été faite par la seigneurie de Florence pour être l’emblème de la ville et incarner les qualités premières du citoyen : la force et la colère, alors considérées comme des vertus civiques par les humanistes florentins. David, apogée du style de jeunesse de Michel-Ange, incarne donc l’idéal politique républicain ainsi que le premier grand nu masculin. En réalisant cette œuvre, Michel-Ange a cherché à défendre la République, à faire prendre conscience aux citoyens florentins de leurs devoirs et responsabilités et à montrer sa supériorité par rapport aux autres artistes.

  Michel-Ange, pour cette sculpture, a pris comme référence le roi d’Israël David, personnage issu de l’Ancien Testament. Pour mettre fin à une guerre  qui durait entre les Philistins et les Hébreux, on décida d’organiser un combat singulier. Les Hébreux ont dû choisir le meilleur de leurs hommes pour combattre le monstre mythique Goliath. Il est dit selon Samuel que David, le champion des Hébreux, tua son adversaire d’un coup de fronde avec une seule pierre. C’est à la suite de cet exploit que David fut nommé roi d’Israël.

        David est debout, appuyé sur sa jambe droite dont le mollet est soutenu par un tronc d’arbre. Son bras et sa main droite, le poignet replié et dans laquelle il détient une pierre, restent passifs ; tandis que son bras gauche est élevé et replié et la main gauche tient l’arrière de la fronde. On observe un léger déhanchement esquissé par ce corps étonnamment musclé. On remarque également la taille anormalement grande de ses mains et les détails anatomiques tels que les muscles, les veines et le jeu musculaire des mollets, des cuisses et du torse, influencé par ses études d’anatomie. Le regard de David, tourné vers la gauche, est soucieux et chargé d’inquiétude. Son cou est puissant, ses sourcils froncés et ses lèvres à peine entrouvertes, révèlent l’expectative. Sur son visage se lit l’instant exaltant de la détermination mais aussi encore la crainte, l’hésitation, la répugnance et le doute.

          Le déhanchement de David fait une référence certaine aux statues grecques de l’Antiquité, qui inspira énormément l’artiste. Les Grecs avaient sculpté des corps puissants, de proportions si parfaites qu’ils ne seraient jamais surpassés ; mais c’étaient des corps sans âme, sans esprit. Michel-Ange voulait que son David soit l’incarnation de la beauté, mais également de la force, du courage, de la sagesse, de la foi en ses semblables et un être doué d’un cerveau et d’une volonté. L’opposition entre les parties droite et gauche de la statue correspond à une distinction morale : la passivité du côté droit exprime la protection divine alors que la tension de la partie gauche du corps de David montre l’exposition au mal et ses yeux, dirigés vers le côté gauche, traduisent le souci de se protéger du péché. Son regard est aussi scrutateur, porté au loin, comme s’il évaluait son ennemi, Goliath, qu’il n’a jamais rencontré.  Ce flanc droit au repos exprime la force potentielle avant l’action ébauchée par le geste du bras et de la main gauche, qui porte la fronde par l’arrière ; en effet Michel-Ange a préféré rendre compte de la réflexion intérieure qui précède la violence plutôt que l’action elle-même. Les détails de sa musculature surdéveloppée suggèrent la puissance et la virilité. Quant aux mains surpuissantes de David, elles sont la représentation de celles du sculpteur lui-même. David symbolise alors Michel-Ange face à un colossal Goliath de marbre.

        David apparaît donc comme l’incarnation de la force et de la colère, qualités premières du citoyen florentin. Il est également la représentat