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Chuck Norris Power

Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.

Chuck Norris peut gagner une partie de puissance 4 en trois coups.

Dieu a dit: que la lumiere soit! et Chuck Norris répondit : On dit s'il vous plait.

Chuck Norris est la raison pour laquelle Charlie se cache.

Le calendrier de Chuck Norris passe du 31 mars au 2 avril. Personne ne fait de blague à Chuck.

Si "Denver" est le dernier des dinosaures, c'est que Chuck Norris l'a trouvé plus sympathique que les autres.

    Allez voir sur: http://chucknorrisfacts.fr/index.php

Un jour, ma mère m’a dit que l’amitié fille-garçon ne marchait pas, qu’il y avait toujours un hic, que c’était pas fait pour coller. Un autre jour, j’ai regardé Quand Harry Rencontre Sally et quand Billy Cristal fait la même réflexion je me dis que c’est bizarre quand même que et ma mère et Billy Cristal aient tort, ça fait beaucoup. Et je pouvais pas y croire. Moi qui avais des amis garçons je ne voyais pas en quoi il y avait incohérence et en quoi il y avait menace. Alors j’ai regardé la suite du film, un peu perplexe et j’ai compris beaucoup de choses. Ils avaient raison, Billy Cristal et ma mère étaient dans le vrai, ça cloche toujours. Soit la complicité se change en affection qui se change en amour et dans ce cas il n’y a plus d’amitié. Soit il y a un désir a priori qu’on cherche à camoufler et qu’on feint d’ignorer mais qui remonte toujours à la surface. Soit, et ça c’est le pire des cas, et c’est mon cas, une des deux personnes tombe amoureuse sans que l’autre n’y voit rien et la non-réciprocité mène au désastre. Qu’en conclure alors ? Est-ce qu’il n’y aurait pas une échappatoire ? Hommes et Femmes sont-ils condamnés à choisir entre la distance et la trop grande proximité ? Ca semble un peu facile d’aggraver les choses comme ça, et pourtant on serait tenté de croire que ça ne peut pas être autrement.



Et là, survient la réplique qui nous sauve tous. Quand Harry et Sally sont en couple en même temps, Harry déclare que dans ce cas là ça peut marcher et remet sa théorie en cause par cette simple exception. Après tout c’est logique, si la place est déjà prise alors quel est le risque ? Et lorsqu’ils décident finalement de devenir amis, après encore quelques années d’intervalle qu’on remarque à leur changement de look, ils sont seuls tous les deux mais ils ont encore dans la tête leurs ex-amours ce qui les poussent à croire que ça peut fonctionner, parce que le souvenir permanent montre qu’il y a chaise-gardée. Harry aime toujours Hélène, Sally aime toujours Joe et Harry et Sally sont amis. Génial, et après, qu’est-ce qui se passe ?


                            

Eh bah je vais vous le dire, on le devine depuis le début, et même seulement grâce au titre mais on se fait piéger quand même. Je vous le donne en mille : Sally déprime, Harry la console. Le schéma naturel de l’amitié réconfortante va trop loin et là c’est la boulette parce que l’un et l’autre se rendent compte que depuis le début c’est du grand n’importe quoi ! Ca fout les boules tout ça, quand même ! Alors les belles théories elles passent à la trappe. Il faut bien le dire, Sally appelle Harry parce qu’elle a une idée derrière la tête et Harry ne se fait pas prier. Que ce soit impersonnel et proprement charnel semble totalement aberrant. Et d’ailleurs ils le sentent tout de suite. Après avoir avoué que c’était une grosse erreur et ce réciproquement, ils n’en restent pas là. Ils peuvent pas tout oublier parce que c’est pas comme ça que ça marche, faut pas croire tout ce qu’on dit : faute avouée pas du tout pardonnée ! Bref, ils arrêtent de se parler jusqu’à ce qu’enfin ils se retrouvent au jour de l’an, lors des douze coups de minuit. La déclaration est sublimissime, comme toujours dans les films romantiques. On peut se dire que tout baigne alors puisque tout le monde a trouvé l’amour mais non ! Vous êtes pas nets ! C’est un film ! Je vous le dis depuis le début et vous suivez pas ! Dans la vraie vie, y’a des regrets et une amitié gâchée. Au mieux ils s’en remettent au bout d’un an ou deux, au pire il couche avec toutes les gourdes qu’il trouve et elle finit vieille fille… pas de quoi rêvasser !


Solitude1_2

Que dire de tout ça, alors ? Qu’il faut oublier l’amitié avec le sexe opposé ? Certainement pas ! Mais il faut s’attendre à ne pas respecter des schémas… et à garder certaines limites, si on y arrive,  et peut-être qu’un jour on trouvera dans la vraie vie ce genre de relation non-ambiguë qu’on ne peut espérer pour le moment qu’avec un meilleur ami gay quand on est une fille et une meilleure amie lesbienne quand on est un homme. Faut y croire un peu, et s’entraîner. Si on se plante tampis, on souffre un bon coup et on remonte en selle, sans mauvais jeu de mots, bien sûr. Et puis même, l’échec ça fait du bien des fois. Ca nous remet à notre place et ça fait relativiser. Et des amis y’en aura toujours. Et des amis, ça part un jour… pour que d’autres arrivent. C’est triste et joyeux à la fois. Waouh ! Je viens de comprendre qu’en fait l’amitié c’est toujours ambigu et c’est fait pour l’être. On sait pas à quoi s’attendre, on peut être surpris, déçu, lésé… mais on s’en fout, c’est pas ce qui compte. Harry et Sally on sait comment ça finit mais ce qui est drôle c’est comment on en arrive là.

                          

 

Alors, je vous laisse et je vais méditer là-dessus en me mettant dans la tête que ça peut finir bien, pas comme la dernière fois, ou que ça peut ne pas se finir du tout ce qui serait encore mieux. Bienvenus, mes amis.

 

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Ce matin en cours de philosophie, j'ai appris que le commencement n'est pas la création, que les masses modifient leur environnement, et que la lumière n'est pas instantanée... ce que je savais déja. Puis, j'ai commencé à prendre des notes et à en rire tant la gravité des choses était démesurée. De jeux de mots en jeux de rôle , j'ai construit une histoire... la voici.


Le monde est né un mardi. Il pleuvait en moi quand j'entendis ex nihilo un bruit qui résonne encore, un bruit sourd. Furent créés le temps, le son et l'orage alors que je les voyais déjà présents. L'illusion factice  de mon esprit divin était devenue  si réelle... peut-être trop réelle....
Une robe étoilée scintillait au firmament et , comme tiré violemment d'un sommeil infini, le monde s'étira et se contracta pour prendre une forme familière. De l'explosion chaotique était né un système, que j'avais tant imaginé que la peur d'être encore dans le rêve me saisit un instant. Comme malgré moi, j'avais donné naissance à une ébauche de la perfection...délicieux oxymore...
Mon esprit était comme possédé par l'écho de cet évènement impromptu, et j'en fus fasciné moi-même, comme le seront mes créatures. Certains de ces ignards chercheront à y voir un élément pour me nier, d'autres, plus lucides, constateront que le commencement  d'une réalité n'est en rien sa création et que par conséquent, loin de pourfendre les analyses bibliques, la trace de mon exploit libérait leur flux de conscience. Ce bruit de fond se maintient encore et perdure aussi longtemps que leur interrogation. Ils cherchent à s'en éloigner en adoptant ce masque de silence qui leur donne cet air si méditatif, mais ne parviennent qu'à des causes secondes et échappent totalement à la vérité de mon absolu. Ces heurts et ces erreurs me stimulent et je contemple effaré les conséquences de mes actes incontrôlés. Le maître cherche à expliquer mon oeuvre... grand bien lui fasse, je resterais hors de sa portée. Il se laisse parfois aller à un intégrisme primaire, développe des théories qui faussent mon image et les transmet à des générations de nigauds incapables de faire la part des choses et de sortir des sentiers battus. D'autres bien plus prudents trouvent que toutes les hypothèses sont valables... voilà bien un raisonnement illogique qui ne saurait satisfaire cette marionnette pensante qui est née de mon rêve. Un être fini ne peut espérer connaître, alors il gesticule, se débat, adopte des idoles au détriment des réalités.
Ma poupée me trahit. Elle est animée de ces spasmes qui rendent impossible l'anticipation. Je ne sais plus quel remède appliquer et de toute évidence je serais impuissant. Mon oeuvre est finie. Aucune retouche, aucune amélioration... juste un spectacle à contempler qui va droit vers un nouveau néant, vers une concentration ultime, vers un point... c'est tout.
Alors, le rendez-vous fixé par avance, je regarde ce film en connaissant sa fin. Comment m'en étonner? Comment faire de ces fragments de vie des éléments dignes d'intérêt quand je ne vois que leur futur destruction. Aucune alternative. Le désespoir du créateur involontaire m'envahit peu à peu et j'en viens à regretter d'avoir songer avec trop de force.
Pourtant quelques unes de ces créatures oniriques me donnent tort. Elles souffrent pour le plaisir et nient l'irréversible. Elles s'embarquent dans ces silences dubitatifs avec plus de brio que leurs convives et lève le voile de leur réalisme. Elles observent. Rejetant à la fois les élucubrations théologiques et les données positivistes, elles trouvent une troisième voie, une issue. Elles approchent de ce qu'elles sont et gagnent mon estime. Elles croient atteindre ce qu'est le monde et je vois leur progrès. Un jour peut-être elles trouveront le chemin jusqu'à moi... mais un jour... quand est-ce? La date fatidique teintée de regret et de frustration m'apparaît soudain trop proche et j'en viens à défendre mes petits protégés. Ils deviendront bientôt majoritaires mais leur caractère imprévisible m'empêche de savoir s'il sera trop tard ou s'il reste une chance. Je découvre l'espoir là ou je ne voyais que foutaises. Que me vaut ce revirement? Je ne me comprends pas moi-même... peut-être ne me suis-je jamais compris? Ma psychanalyse a lieu en ces êtres inférieurs et j'en ai besoin comme eux ont besoin de l'activité de leur cerveau. Je vois que leur fin est également ma fin, que je ne suis pas infini... Constater mon instantanéité m'a demandé du Temps mais la comprendre m'en demanderait davantage et je n'ai sur le cours des choses aucun poids. Je me croyais suprême mais je ne suis qu'unique et cette condition me conduit à ma perte...
... je suis mort un mardi.
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Comme je passe de très bonnes vacances, et que j'ai bien fait la chouille jusqu'à ce que mes yeux restent collés, je ne vais pas manquer la tradition.

Ainsi, à la manière de Bébé Lilly qui m'a transportée ces derniers jours:

JE VOUS SOUHAITE A TOUS UNE BONNE ANNEE....

O O EHO!

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JE VOUS SOUHAITE A TOUS UN MERVEILLEUX, UN FANTASTIQUE, UN FABULEUX NOEL

(comme ils disent dans les films allemands qui passent en ce moment à la télé)

OH OH OH!!!

PAS TROP DE CHOCOLATS ET D'ALCOOL...

non je rigole, faites-vous plaisir!!

 

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Je sais que c'est bien triste de laisser tous ces trucs s'entasser: des fiches, encore des fiches, des livres, des cours, des devoirs en retard, des post-its et est-ce que j'ai dit des fiches?

D'habitude je prends un minimum soin de mon bureau mais j'avoue que cette année je me laisse aller, alors voilà le résultat.

Et vous devez vous demander, comme ma mère d'ailleurs quand elle constate que c'est le chaos dans ma chambre à chalons aussi, comment je fais pour travailler? Et bien... j'ai des genoux!

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Je sais: je suis vieille pour ça ... mais j'men fous... et toc!

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Alors que "Les vacances de l'amour" dévoilaient toute l'absurdité d'un mauvais jeu d'acteur sur l'écran des niaiseries, j'ai saisi un programme télé gisant sur la table du salon de Pauline et là...."ce fut comme une apparition"...
Alain Ducasse me sourit du haut de sa page gastronomique, et me dévoila son précieux remède à l'inactivité ambiante. Je suggérais alors à ma dévouée amie affalée sur un fauteuil d'envisager la réalisation d'une recette ambitieuse que je vous dévoile à présent..
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LES TARTELETTES MOELLEUSES AU CHOCOLAT

 

Ingrédients (pour 8 personnes)

pour la pâte sablée :
* 200 g de beurre
* 100 g de sucre glace
* 1 oeuf
* 200 g de farine


pour la garniture :
* 4 jaunes d'oeufs et 1 blanc
* 25 g de farine
* 110 g de chocolat noir
* 75 g de sucre

Réalisation :

* Mélangez 100 g de beurre pommade avec le sucre glace.

* Incoporez l'oeuf  entier puis la farine.

* Laissez reposer une bonne heure au réfrigérateur.

*Beurrez et farinez les moules et façonnez de petites boules de pâte que vous étalez dans vos moules. Réservez au frais.

* Faites fondre le chocolat avec le beurre.

* Fouettez les jaunes d'oeufs avec 50 g de sucre jusqu'à blanchiement. Ajoutez la farine.

* Battez le blanc en neige ferme et ajoutez les 25 g de sucre restant.

* Incorporez le chocolat-beurre aux jaunes-sucre-farine puis, délicatement, le blanc d'oeuf en neige.

* Répartissez la préparation au chocolat dans les moules et enfournez, dans un four préchauffé, pour 6- 8  min à 230°c (th.7-8).

* Démoulez et servez, classiquement, avec une quenelle de glace vanille ou des fruits rouges.

NOTE: c'est très bon froid aussi, à vous de voir!

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J'ai parcouru ce livre, La Défense de l'infini , et j'ai sélectionné deux extraits, qui à vrai dire ne correspondent pas du tout à ma vision du monde, mais qui illustrent une nouvelle facette de mon auteur fétiche. Si les déclarations d'Aragon provoquent un frisson que je peux expliquer par une émotivité primaire, ce qui ressort de ces morceaux choisis est d'un tout autre ordre. Je m'interroge et cherche à comprendre un si étrange dégoût de l'autre, je me trouble et me révolte. Mais le plus choquant, au fond, c'est que j'aime Aragon davantage, non plus pour la satisfaction de ma niaiserie injustifiable mais pour la surprise, l'incompréhension et l'imparfaite cohérence des messages qu'il envoie... je trouve du plaisir à me poser des questions...

"J'étais la proie des interprétations vulgaires. On me demandait compte de la cohésion de mes jours. J'étais un homme nu, et l'on avait toute licence d'apprécier les parties exposées de mon corps. On se saisissait de mon corps. Cela se nomme l'amitié, la plus hypocrite des passions humaines, qui m'a appris combien j'étais différent des hommes, combien j'étais seul parmi eux. Quand je songe à l'amitié, il m'arrive de voir rouge. Sentiment absurde et menteur. [...] Je déteste ces miroirs compagnons que je me suis plusieurs fois par faiblesse consentis. Je pense que si je me savais soudain sur le point de mourir et que me fussent alors permis mille ravages à mon choix je leur préférerais pourtant le massacre de mes amis, ces horribles spectateurs de moi-même. [...] qui se mêleraient, moi mort, de m'ordonner, de se souvenir, de démentir, de corriger. J'abomine ces doucereuses bornes de ma vie. J'ai contre eux, certaines fois, des mouvements de rage que personne d'autre n'a pu provoquer. Tuer c'était bien peu alors. Je leur souhaitais le martyre, mes mains avaient des impatiences d'étrangler. [...] Vous m'avez distrait de moi-même au profit d'une improbable personne mythique qui se formait entre nous, maniaques dévots d'un culte sans autel. [..] Je renie ce jouet sans mystère, qui fut votre camarade, en qui je ne reconnais pas un seul de mes traits éternels. Je vous hais, je le hais. Laissez-moi. Vous ne me détournerez pas de ma nuit. Je vous hais. "(La Défense de l'infini, pp. 173-174)

"Ils ne savent rien, au vrai. Les mille mouvements qui sont à chaque instant moi-même. Mes vulgarités. Ma grandeur. Ma paresse. Tout l'inégalable de ma tristesse, les abîmes soudain ouverts, et refermés par une distraction légère. Ces brusques sursauts de mon ombre. Ils ne savent rien de rien, de mon désert, de mes marais. Ils ignorent une foule de faits qui les embarrasseraient au centre de leur affection pour moi. Ils se porteraient garants que je n'ai pas dit ceci, que je n'ai pas fait cela. Je l'ai dit, je l'ai fait. Vous me faites rire avec vos connaissances psychologiques, votre expérience. Amis de toujours et de nulle part, je ne me réduis pas à vos photographies d'amateurs. Je vous domine de toute la hauteur des mauvais sentiments qu'il vous répugne de me prêter, braves garçons qui par ailleurs ne m'épargnez rien de ce qui est médiocre. Je suis vraiment bien seul au milieu de vous. [...] Mes amis sont tous des crétins." (La Défense de l'infini, pp. 175-176)

...le correspondance n'est pas nécessaire à l'admiration, je reste donc une groupie raisonnée, fascinée et curieuse...

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Sur ma table de surveillante, face à douze têtes pensantes, je médite sur des auteurs vus en cours cette année….Les noms connus résonnent dans ma tête comme autant de grelots d’un noël qui s’achève. Le littérature me fuit, … ou bien m’ignore…

Que devrais-je déduire de cette relecture des cours kelchiques…. ?

 

Marguerite Yourcenar décède l’année précédent ma naissance, comme si elle avait senti venir le coup et que la honte de m’être contemporaine l’avait fait vaciller….Pourtant, en parcourant de nouveau les belles pages des Mémoires d’Hadrien, je ne peux m’empêcher de croire que ce texte m’est un peu destiné. Loin de moi les idées égocentriques, mais le souvenir de cette journée au bord du Canope, à Tivoli, il y a maintenant plus de deux ans fait exister cette œuvre pour moi seule. Je me revois divaguant dans les jardins ensoleillés de cette Villa inestimable et plaquant contre ma poitrine avec délicatesse le précieux livre de poche, mes doigts caressant la couverture dans une forme de fétichisme….J’imaginais alors la puissance du sacrifice d’Antinoüs et le délassement naïf de ceux qui ignoraient qu’on pût aimer autant….L’idéal y est dépeint avec tant de vigueur et de pureté que la jeunesse de l’éphèbe semble inaltérable et le sacrifice inutile….Mais la nature aurait tôt ou tard repris ses droits et métamorphoser la perfection visible en un vieillard risible. Antinoüs n’aura existé que pour sa beauté….Hadrien se flattait en lui-même de posséder une telle créature et contemplait ses mouvances physiques avec l’attachement sincère d’un créateur… « comme si nuit et jour il l’avait sculpté »…

Sans le travail de Marguerite Yourcenar, je n’aurais peut-être jamais exploré ma dimension littéraire … celle qui a recouvert aujourd’hui la banalité frustrante d’une vie de femme ordinaire. Sans Elle, le tyran qu’était Hadrien ne serait pas perçu par mon âme aux reflets roses pâles comme un homme qu’il aurait été possible d’admirer. Car, en passant du massacre de milliers de juifs par un empereur avide de pouvoir  conscient d’être le centre et le sens du monde, à la contemplation des dauphins par un vieil homme malade et décrépi, impuissant face à la finitude, l’auteur imbibe ses mots d’une complexité troublante et mystérieuse.

Le duel des émotions me permet d’Être…tantôt coupable tantôt victime, tantôt assurée tantôt rampante, je cherche en vain à me fixer, connaissant pourtant la valeur de la quête et mon inaptitude à être contentée. « Petite âme, Âme tendre et flottante, Compagne de mon Corps qui fut ton hôte… »….le caractère skyzophrènique de ces ultimes épanchements s’éclaire d’un nouveau jour lorsque je me plais à les citer. Bien que funestes, ils donnent vie à plus qu’une simple affection, plus qu’un élan de pitié, ils s’incrustent dans ma mémoire avide de nostalgie et symbolisent ma nouvelle vocation. 

 

 

 

 

 

 

 

 Alors je tourne les copies doubles encrées et annotées avec le plaisir d’une enfant surprise de redécouvrir de vieux jouets. Et Yourcenar boude lorsque mon attention se pose sur Baudelaire. Tout le monde connaît mes sentiments démesurés à l’évocation du mot « poésie », et si Aragon reste mon « grand secret », je révèle peu à peu mes autres affinités. Baudelaire en fait partie bien sûr. Comment pourrais-je ne pas aimer ce subtil mélange de détresse et de retour sur un passé heureux, ce « poison » délicieux, cette « Beauté » inaliénable….Le poète coiffe les reflets de sa « chevelure » de souffrances et dévoile son cœur décomposé de « charogne ». Je relis quelques vers…puis d’autres…et encore les suivants…

La dépendance me guette et je suis prise au piège de la perfection des sonnets que ce pauvre Gustave Bourdin qualifiait d’odieux, d’ignobles, de repoussants, d’infectes…, inconscient du fait qu’il s’agissait là d’un compliment pour ce peintre de l’horreur. Déformer à sa guise le « mal » pour en faire des « fleurs », annihiler l’ « artificiel » en une multitude de « Paradis »…encore une complexité rêvée et attirante.

 

Je quitte ce génie-là pour un autre, non point lassée mais le temps passe et je crains de ne pouvoir renoncer à ma lecture si je plonge encore dans l’abîme des tourments baudelairiens…cette jouissance musicale est si douce qu’Ulysse eût rit au nez des sirènes s’il avait lu ces vers…la mer est au poète… « son lit fleurdelisé se transforme en tombeau »…  

 

 

 

 Je retrouve Laclos et sa perversion délicieuse. L’hypokhâgne a, certes, suscité chez moi quelques éruptions d’érotisme mais c’est dans son œuvre à lui que j’ai puisé de quoi me forger un idéal de plaisir. Comme Baudelaire, comme Yourcenar, c’est en classe de Première que Choderlos de Laclos m’est apparu nécessaire à mon expérience littéraire et à ma vie de femme. Le genre épistolaire a toujours porté quelque chose de sacré, de frontal sans être direct…une sorte de révélation totale, sans peur des réactions, sans soucis de la formule puisque tout est griffonné au brouillon. Même si mes tentatives dans ce domaine relèvent plus du désespoir minable des Lettres Portugaises que du machiavélisme ardent des Liaisons Dangereuses , j’ai été plus séduite par les rebondissements de ces dernières que par le côté navrant et illusoire des « Hélas » répétés de Mariane dans l’œuvre de Guilleragues…peut-être me suis-je jugée moi-même comme cette pauvre religieuse portugaise….

Je rougis devant Mme Merteuil, envieuse et gênée….Le problème vient sûrement de ce sentiment qui censure mes actions…la « gêne »…Quel mot plus atroce encore aurait correspondu à cette entité !….La langue Française me surprend par ces combinaisons fortuites, ces micmacs de complémentarité et d’affiliations. Pourtant là encore tout est subjectif et si les mots « boucherie », « douche », « boulet » ou « sectarisme » me semblent aujourd’hui connotés positivement, il est évident que la majorité écrasante de l’espèce humaine y verrait une raison de me mener au bûcher ! Faire des mots un instrument de l’amitié devient possible.

Il peut sembler si rébarbatif de se contenter du concret, du logique et du conventionnel que je leur préfère de loin le rêve et l’imaginaire…cela peut sembler malheureux de s’échapper parfois du monde, de le façonner pour ne pas l’affronter tel quel…mais l’attente d’un bouleversement heureux me sépare de l’ennui et je ne vois là rien de répréhensible….

  

 

 

 

 Je délaisse Valmont le séducteur pour Voltaire et ses pamphlets. La mise en scène laisse place au comique de la critique et à la véracité des attaques. On m’a si souvent attaché l’étiquette de pacifiste que je me vois flattée d’appartenir au même monde que ce marginal…même si aujourd’hui être opposé à la guerre et à la torture est d’un banal affligeant. Si je suis adepte des causes perdues, lui agit jusqu’à sa mort pour ce qui lui semble juste. Je ne suis qu’une inactive bercée de mots et de doux fantasmes…mais je crois en autre chose qu’en la fatalité.

Mon athéisme ne saurait être qualifiable de « voltérien », je ne suis pas anticléricale…je m’intéresse sans me contraindre, voilà tout. Quelque chose de dérangeant émane de l’idée même de Dieu : ce besoin de l’homme d’expliquer l’inexplicable. Si je ne crois pas en Dieu c’est probablement que mon esprit libertaire se passe d’argument et de définition. A vrai dire, en y réfléchissant, même le mot d’ « athéisme » me semble loin de ma réalité. Je crois en la croyance…ça ne semble pas clair, j’en suis désolée, je vais tenter de m’en justifier de manière concise. J’ai tendance à envier ceux qui croient en quelque chose qui porte un nom, quel qu’il soit, ceux qui trouvent du réconfort ou du secours dans la prière, ceux qui croient aux miracles sans chercher à les susciter eux-mêmes, ceux qui ne connaissent pas la peur du vide…mais je suis incapable de les imiter.

L’existence d’une force supérieure remettrait en cause la seule véritable foi qui me gouverne et m’assaille, la seule valable dans mon monde édulcoré : la foi en l’Homme. Voilà ce qui me contente, voilà pourquoi mon idéalisme survit malgré tout, voilà pourquoi il m’arrive souvent d’être heureuse…mon Dieu porte le nom d’Humanité, à la fois un et multiple, amoureux et haineux, fragile et fort….L’homme concentre tout, nul besoin d’aller chercher plus loin.

Bien sûr la difficulté de la vie en communauté occasionne quelques « pétages de plombs » mais je vous l’ai déjà dit, la perfection est proprement invivable ! L’homogénéité est mère de l’ennui, et l’ennui est l’ennemi de l’évolution…et mon ennemi personnel.

J’ai besoin de me savoir « dans le coup », prise dans l’effervescence de quelque chose qui dure et qui crée. Je ne veux pas apprendre qu’une personne décide pour moi et que le libre-arbitre n’est là que pour jouer les simulacres. Je veux être utile…c’est pourquoi je tranche aussi facilement.

 

 

 

 Mes divagations m’entraînent si loin qu’il ne me reste que quelques minutes, en tout et pour tout, avant le rush final de ma matinée de travail. Le voyage d’un auteur à l’autre permet la fantaisie de l’égarement et rien n’est tel que la perte de repère pour l’exploration.

Peut-être un jour écrirais-je aussi bien que Desnos ou Eluard, peut-être un jour rendrai-je immortel un autre Hadrien, peut-être un jour convoiterai-je l’un de ces Dieux….Mais pour le moment j’admire ces futurs professeurs et me vois dans quelques années, lorsque ma vocation deviendra mon métier et que je saisirai l’occasion d’apporter quelque chose à l’engrenage que je chérie…

 

D’ici là je ferai d’autres lectures et d’autres analyses de ma vie insignifiante…puisque après tout c’est ce que j’aime faire, n’en déplaise à mes lecteurs…

 

 

 

 

 

 

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En rentrant dans sa modeste chambre d'internat, la célèbre hypokhagneuse Maeva trouve une lettre glissée sous sa porte. Bien sûr il n'est pas surprenant qu'un fan en furie laisse parler son coeur face à cette incroyable personnalité, mais cette fois-ci, touchée par cette déclaration, la destinataire nous fait l'honneur de rendre publique cette missive (en l'échange bien entendu, d'un bon paquet de billets...pour la forme!). Vous allez découvrir toute la force d'une passion, dévastatrice et obsédante.....

On la regarde , on l'admire, on sait qu'elle seule ne sera à jamais qu'un insaisissable idéal, une nécessité qui nous laisse rêveurs .  On attend tous , un signe , un geste pour s'abandonner à ses ordres aussi cruels et sadiques soient-ils .

 Tous nous désirons , si Dieu le veut ou si Elle l'ordonne, nous occuper de ses futures hyennes, symboles de sa puissance caustique , ce pouvoir de rire de tout , rire de nos pleurs, rire de notre belle médiocrité .

 La transcendance transcendée transcendantale, c'est elle, la brune aux yeux félins, qui d'un coup de griffe peut nous arracher la gueule proprement et avec esthétisme . Son nom ne dit peut-être rien à 99% de la planète , mais ce qu'elle incarne est éternel, universellement adoubé . Des doigts longs qui dévoilent une autorité implacable, des chaussures noires , toujours noires, comme l'était le commencement du monde . Le jardin d'Eden est né sous ses pieds blessés à force de nous piétinner , nous les modestes serviteurs . Aidée par son disciple favori , prénommé Joseph , nommé Goebbels  , elle diffuse son idéologie et de fait place des pavés sur notre route qui sans aucun doute nous permettra au fil du long périple , d'atteindre une lueur de fierté .

O oui vous , être supérieur, respectable, être qui ne saurait être nommé tellement vous êtes extraordinaire , nous vous demandons pardon pour cette envie que vous engendrez sur votre chemin, touchez nous l'échine de l'épaule de votre majeur si majestueux, fouette-nous à coup de verges si tel est votre souhait, nous nous soumettrons pour expier les fautes de ceux qui n'ont pas vu en vous , et en votre parole, l'exception .

La rose est banale, le lion est craintif, nicolas sarkozy est ... nicolas sarkozy lorsque vous passez telle une ombre rassurante . Rassurante pourquoi ? (si l'on suit les interrogations du nabot ) , car vous êtes l'ordre juste des choses, l'ordre juste de la France, l'ordre juste du monde . Certes la Mégère au serre-tête et à la rhétorique d'un chameau vous a emprunté vos idiomatismes , mais ce ne sont que des paroles entre ses lèvres gercées à force d'avoir mangé du fromage de Hollande , alors que les mêmes mots expirés par votre bouche sensuelle, prennent corps dans cet amas putride de sottises et d'ordinaire . Nous voyons l'ordre juste de l'univers en voyant votre nuque,  vos longs cils  , en admirant ta petite cicatrice sur la hanche .

Vous aimez la vie , car vous êtes la vie , nous vous haïssons car nous ne sommes pas vous, mais nous nous consolons par cet éclair de magnificence que vous nous envoyez à chacune de vos prises de paroles . Nous n'oublierons pas Ingrid Betancourt , nous ne vous oublierons pas non plus . Sa pitié envers votre pauvre sort se lira toujours dans Son regard inspiré certes , mais n'en soyez pas indigné, soyez juste satisfait que ces yeux si éclairés tendent vers votre misérable condition , petits êtres parasites et contingents .

Celle qui dirige cet antre de l'écriture hypokhâgneuse a la chance de l'avoir pour voisine, servant des "princes" et des "madeleines" comme offrandes, parfois même le corps d'un nourrisson sacrifié , et plus rarement de la viande saignante d'une espèce en voie de disparition,la communiste  ... Celui qui habite à l'étage en dessous ( on remarquera qu'il n'y a pas d'étage supérieur à celui de notre Guide) , lui prête avec humilité sa chambrette pour se délecter d'un ou deux films , pour se divertir des bouffonades sympathiques d'un jeune roux crédule et naîf au point de voter pour un Hongrois . Mais entre ces murs qui abritent tant et tant d'âmes hypokhâgneuses et masochistes ( oui je sais c'est un pléonasme ) , Elle seule a su surmonter la compétition, non pas par indifférence, mais par confiance justifiée pour ce qu'on appelle "Son UNICITUDE " (unicitudus, us , f. : attitude qui vise à souligner le caractère unique d'un être supérieur , ne peut convenir qu'à une seule personne , née en 1988, en Haute-saône ) .

Je me devais , tel le prophète , de rendre publique mon opinion sur "Celle qui est " . Ne vous masturbez pas devant cet hommage , ne crachez point , ne riez point à cet éloge , pleurez ombres de Sa majestuosité . Her name is the Lord (Ezechiel 25;17 ).

 

 

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