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Chuck Norris Power

Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.

Chuck Norris peut gagner une partie de puissance 4 en trois coups.

Dieu a dit: que la lumiere soit! et Chuck Norris répondit : On dit s'il vous plait.

Chuck Norris est la raison pour laquelle Charlie se cache.

Le calendrier de Chuck Norris passe du 31 mars au 2 avril. Personne ne fait de blague à Chuck.

Si "Denver" est le dernier des dinosaures, c'est que Chuck Norris l'a trouvé plus sympathique que les autres.

    Allez voir sur: http://chucknorrisfacts.fr/index.php
Juste trois petites photos...


Avec ma poutrelle adorée.... on a des têtes bizarres, je vous l'accorde!


La star du jour avec Fanny et moi-même pour groopies! quelle classe!!


Avec Fanny, un peu trop portée sur l'acool (rhhhoooo!) Et au sujet du tatouage, non je ne voulais pas me réincarner en Popeye!
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Comment décrire la bibliothèque du CAPES d’histoire ? Eh bien attendez-vous au pire.

Lorsque les candidats ne sont pas attaqués par des jets d’élastiques ils manquent de se prendre le balais de Monsieur Gomme en plein dans les yeux. Et ce n’est pas tout, ils doivent subir la surveillance du mou, digne traducteur de grec et futur-hypothétique-ulmien qui mange les pochettes à transparents et oublie de regarder si certains de ses protégés quittent la salle, les questions inutiles des vieilles respectivement orange et grise qu’on nous a affublé comme patronnes, ou encore les jurys impitoyables tels que le gros barbu à lunettes très exigent pour les « sources » en modernes. Cette torture, ajoutée au stress relatif à ce type d’épreuves, serait insoutenable s’il n’existait pas un sauveur, toujours prêt à prêter un stylo qui ne reviendra pas et à fouiller dans les classeurs de « doubles d’articles »… il porte un nom, on l’appelle le bibliothécaire !

Dans ce micmac aux allures de chaos, l’estimé bibliothécaire accomplit sa tâche avec brio sous le contrôle officiel mais pas effectif de notre chef tueur de bourdons (à l’élastique, là encore) et vieux de 24 ans, en trouvant les livres manquants, escaladant les étages avec l’agilité de Batman, ou arpentant les couloirs et le secrétariat en quête de ragot. Ce vengeur badgé s’élance vers Métivier, Marie-Françoise (« L’ATLANDE, NOM DE DIEU, IL EST OU L’ATLANDE !!!??? ») ou Bruneteau (« QUI VEUT DES PHOTOCOPIES, QUI ??? »). Il connaît intimement Bluche et son dictionnaire d’histoire moderne, ou Zorgbibe et sa photo atroce en première page dans son ouvrage renommé sur l’Europe. Il n’ignore pas les ressorts de l’homosexualité en Grèce et rêve de parcourir La Pouille italienne pour prouver au monde que les vrais « pouilleux » ne sont pas en Champagne-Ardenne. Il dessine sur les bureaux (l’art contemporain reste subjectif, on peut pas toujours comprendre), saute sur les tables pleines de livres (bientôt discipline olympique), mange des croissants (et les rabes… tant qu’à faire), boit du capuccino, jète des trombones dans les décolletés de ses collègues, court à la Mie Caline entre midi et deux pour assister à des oraux, et prend une cuite quand il n’a rien à faire (donc souvent) et que c’est offert, allant jusqu’à susciter la désapprobation de sa sœur ou de sa copine… !

Vous l’avez compris, être bibliothécaire au CAPES c’est bien plus qu’un travail, c’est une vocation, une expérience constructive et incroyablement enrichissante. Alors vous comprenez peut-être pourquoi je n’ai pas vraiment envie que ça s’arrête ce concours ….
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La boucle est bouclée.

Après ce week-end je pense qu’on a tous pris conscience du fait que c’est fini tout ça, que la prépa est derrière nous et que ces deux années ont été incroyablement imprévues et fortes.

Alors maintenant il faut dire adieu, pas juste en cachant l’inachevé sous un monticule de nouveaux projets mais en acceptant de mettre un terme, dans les formes, à tout ce processus.



Je me suis repassée la scène en pensées un nombre incalculable de fois, je maîtrisais mon texte à la perfection et je pensais pouvoir dire aux gens que je les ai aimés pendant deux ans, que tout va bien se passer, qu’ils méritent que ça se passe bien parce qu’ils sont formidables et que ça, c’est pas que dans ma tête. J’aurais voulu donné du poids à un moment qui méritait d’en avoir parce qu’il est symbolique. Je voulais anticiper le souvenir, le rendre primordial et constructif. Mais j’ai jamais su doser ! Je sais que c’est un défaut atroce… et je m’en excuse par avance. J’ai tendance à glorifier les détails insignifiants, à les pousser vers une logique idéaliste qui saurait me contenter. J’en ai fait souffrir tellement avec ça que j’ai honte aujourd’hui de ne pas y trouver de remède. J’ai voulu si fort que ces deux années soient magiques qu’elles l’ont été, en tout cas dans ma mémoire. Ce que je n’avais pas prévu c’est qu’en leur donnant tant d’importance j’ai accéléré malgré moi le processus et là je me retrouve totalement hébétée et incapable de faire quoi que ce soit. C’est vrai : ce qui est génial passe à toute blinde, c’est le phénomène contraire à l’ennui, comme si on nous avait injecté de l’adrénaline pendant vingt-quatre mois en continu. Maintenant qu’on essaye de nous sevré y’a plus de jus…. Je cale. J’arrive pas à vous dire ce que je pense, pourtant qu’est-ce que j’en ai pensé des trucs !! Je me contente d’un au revoir simple comme une bise sur la joue, une accolade prolongée, un signe de main qui s’affaisse, ou un sourire nostalgique. Je n’ai pas de grande formule, je les ai toutes oubliées. Et j’ai tellement peur qu’on m’en veuille…. Vous le savez, hein ? Vous le savez que je voulais pas que ça finisse de façon banale ?

C’était si beau cette nuit, cette fête chez Lucie… nous tous en train de danser, de rire, de boire, de discuter… comme avant… presque comme avant. Toujours les mêmes anecdotes qui reviennent. Toujours les messes-basses, les réflexions à mi-mots qui trahissent notre complicité, les regards tout aussi intimes qui se passent de toute explication. On est arrivé à ce degré de proximité qui fait que toute parole semble superflue. Mais maintenant que vous n’êtes plus là, que je suis seule face à mon écran avec Baptiste et le football en bruit de fond, j’ai une idée de ce que sera l’an prochain et j’ai surtout conscience de ce qu’ont été ces deux ans. Les mots pourraient compter. Alors je vous en prie, dîtes-le moi si j’ai mal fait les choses… dîtes-le moi s’il vous faut plus de sentiments, d’épanchements,  de déclarations… parce que tous ces trucs agréables voudraient sortir mais n’en voient pas l’usage. Je ne veux pas que vous ayez de regrets ou de doutes, vous méritez des adieux dans les règles de l’art.

Je peux traduire ce que j’ai dans la tête en gros, pour qu’il y ait une trace et pour me sentir moins coupable si l’un de vous vient me voir un de ces jours en émettant des doutes sur ma sincérité. Ce serait pas du grand cinéma mais ça pourrait donner quelque chose. Je pourrais imaginer une lettre, un mail, un monologue tragique dans lequel tout ce qui n’a pas été dit en direct vous serait jeté à la gueule avec tellement de puissance qu’un coup de gourdin vous aurait semblé moins brutal mais qu’au moins vous vous seriez dit : « purée, celle-là elle nous aime vraiment ! ». J’aimerais que Maeva sache qu’elle a été la voisine parfaite et qu’elle me manquera l’an prochain dans mon 33 mètres carrés (on se rend compte parfois que l’étroitesse des chambres d’internat a des avantages humains non négligeables) ; j’aimerais que Vincent sache qu’on pense à lui dès qu’on parle des Vosges (et Dieu sait qu’on en parle souvent !) et qu’on a hâte qu’il nous revienne de Varsovie, j’aimerais que Yannick sache que si ses caresses sur le bras n’avaient pas existées le monde aurait été beaucoup moins beau et que la capitale sera notre foyer pour le prochain jour de l’an, j’aimerais enfin que Florian, que j’ai  retrouvé plus heureux et étrangement plus angoissé, sache que je lui souhaite le meilleur parce que lui me l’a donné en me respectant au point de me laisser partir et en me laissant croire que l’on pouvait vouloir de mon amitié au point de souffrir de tous mes défauts…tout ira bien pour toi, tu le sais, hein ?…

Et pour les autres, ceux qui restent et sauvent des bribes de ma routine pour faciliter ma reconversion, j’aimerais qu’ils sachent que grâce à eux je ne vois qu’une transition heureuse dans ce qui aurait pu être déchirant et que sans eux mes doux projets ne me sembleraient pas aussi réalisables.

 


Au revoir à ces deux années, puissent les deux suivantes être aussi belles, mais différemment…

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Je n'écris pas un article mais un communiqué: J'aime les vacances, le calme, la famille, la fête des mères, les promenades en ville qui durent trois plombes avec ma soeur tarée, les films nunuches en téléchargement, Indiana Jones à 65 piges (toujours aussi tombeur), les coups de fils surprenants, les aventures de mon petit frère, la vie sociale qui reprend, le beau temps, les barbecues, la glace au nougat, les visites chez grand-mère, les discussions sur msn, les retrouvailles sur facebook, le vélo, le dodo... et je sens que je vais bien.
Voilà, tout le monde s'en fout probablement, mais si pour écrire quelque chose il faut être névrosée éh bah en ce moment c'est pas mon truc.

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 C'est Peyton qui le dit, "les gens partent toujours"... alors, si c'est une réplique culte des Frères Scott, c'est que ça doit être vrai, non?

                                        

A quoi ça rime tout ça, finalement? On construit quelque chose, quelque part, avec quelqu'un... et puis on fuit, on voyage, on prend des initiatives et on recommence tout depuis le début, en laissant les autres derrière nous et en oubliant, petit à petit, ce qui avait fait qu'on se sentait chez soi.

Voilà à quoi j'en suis: je pense que tout ça c'est un peu absurde. Pourquoi on s'accroche aux gens si on est sûr de devoir les abandonner, et surtout pourquoi on fait en sorte qu'eux nous aiment alors qu'on s'apprête à les faire souffrir. Franchement, c'est du sado-masochisme tout ça! On suit un plan de carrière, un plan anti-déprime ou un plan foireux et on s'éloigne parce que dans le fond on sait qu'un monde nouveau nous attend. Eh bah moi je dis non! et pourtant je le dis pas souvent!
 
Je dis que si on veut partir il faut des raisons valables parce que sinon c'est injuste et je dis qu'il n'y a aucune raison valable qui implique de faire souffrir des gens et de souffrir soi-même.

                                        

Moi, je pars pas. J'y arriverai jamais à partir. Il me faut un repère et quelque chose de consistant. Je suis lâche, moi. J'arrive pas à oublier. J'arrive même pas à me dire qu'il y a un après. Et je les envie des gens qui se le disent, ceux qui croient être capables de bouger un peu et de s'en remettre, même si sur le coup ils en crèvent tellement ça les bouffe. Je les envie ceux qui ont plus d'ambition que de besoin de sécurité, ceux qui quittent la ville, le pays ou le continent et qui après tout ne s'en portent pas trop mal.
Allez-y, lachez-moi tous. Je peux pas vous suivre et c'est ça qui me rend malade. Moi je voudrais qu'on crée un ailleurs ici... moi je voudrais faire autre chose que rêver ou écouter pendant que les autres vivent. Moi je voudrais partir comme vous, sans regret... mais je peux pas... je peux pas.
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Juste avant de m’avancer vers la salle 313, pour mon ultime khôle de l’année, je repense à tout ce qui a pu se passer depuis l’an dernier, tout ce qui fait qu’aujourd’hui je me sens assez bizarre...

L’an dernier en arrivant, je n’avais rien, personne à qui parler, aucune culture spécifique, aucun intérêt … une table rase. J’avais décidé de faire le vide après mon année de terminale assez chaotique pour commencer une nouvelle vie et là me voilà un an après, avec un amas de connaissances encyclopédiques aussi intéressantes que le nombre de bouchons de moteur produits en 1919 ou les relations quelques peu déplacées du Duce avec ses secrétaires, une montagne d’amis aussi invraisemblablement originaux que l’on douterait de moi si j’en parlais sans retenue, une infinité de souvenirs qui ont forgé mon caractère et avec eux une foule de rires, de pleurs, de cris en tous genres ou de silences gênés ou contemplatifs. Je suis pleine à craquer… à craquer. « J’ai vécu des choses, moi »… et pas seulement en fréquentant des gens saouls sur les ponts, bien que là encore ce soit une image mémorable. J’ai grandi, on a tous grandi, j’ai changé, on a tous changé… et on a poussé nos forces à bout.

Alors voilà, après deux ans de prépa, je fais le bilan. Tout n’est pas positif, ça a durement commencé, c’est devenu de mieux en mieux et puis il y a eu des dérapages à la fin… c’est notre histoire et on suit le schéma si bien enseigné par le professeur de philosophie. Un peuple apporte quelque chose au grand dessein de l’Esprit humain et il s’affaisse, il laisse sa place aux autres qui reprendront l’héritage et y apporteront à leur tour leur petite touche personnelle. Et nous, on en aura amené des trucs sympas, des traditions loufoques, des éléments épicés… on est des bons, nous ! Les Grecs de la civilisation khâgneuse, les Romains de l’orgie moderne, les Egyptiens de l’évolution du café à la bouilloire, les Révolutionnaires de la pratique latine…. Bref… des vrais warriors ! Va falloir assurer après nous, je vous le dis !

Et puis on était une bonne équipe, les profs nous aimaient bien et nous embêtaient pas trop, on avait la télé et on avait des idées, des idées tordues, certes, mais des idées nouvelles. On avait du travail, c’est sûr, mais ça passait bien quand on le faisait à plusieurs. Et on avait un art particulier, celui de la boucherie, celui que tous nous envieraient s’ils comprenaient l’intérêt de faire des blagues salaces en latin ou d’écouter Didier Super quand il dit qu’il faut brûler les enfants… un autre monde, je vous dis, tous des barbares, mais des gentils barbares, des barbares que j’aime bien, moi, mais qu’il faut laisser un jour pour que les autres en profitent.

Alors, en grande altruiste, je passe le flambeau aux bizuths, puissent-ils veiller sur la flamme classique mieux que les français sur la flamme olympique !

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Le relâchement de cette période de "révisions-post-massacre" laisse planer un je ne sais quoi qui me dérange... et si c'était l'ennui d'une journée qui recommence sans cesse?



Bien sûr il y a des tonnes de cours à revoir ou même à voir, mais ça bloque, ça cloche et je n'arrive pas à me dépétrer de ce bazar. J'en suis à mon troisième film nunuche en deux jours, stagnant dans ma chambre d'internat entre deux promenades de 2h... et rien, pas même un sourire, je me lasse. Pourtant je découvre de nouveaux coins de Nancy, des parcs comme celui du Joli-Coeur ou celui de la Citadelle, je mets dans mes oreilles des musiques assez rythmées pour me donner l'envie de continuer à marcher à une allure tonique, mais de temps en temps une des données de mon MP3 ralentit et je me laisse aller, maussade et probablement encore incapable de bloquer les souvenirs qui viennent en boucle, à ce sentiment de vide qui me révulse. Je passe la chanson. Je reprends de la vitesse. Et je me sens coupable. Coupable de ne pas arriver à en profiter. Il fait beau, indécemment beau, aujourd'hui. Les gens se bousculent dans les rues pour jouir d'un nouveau soleil et des attractions de la fête forraine. Moi, je suis à l'écart, je cherche à partir dans une autre direction, je m'éloigne volontairement, comme si je ne voulais pas le quitter ce vide, comme si c'était la seule chose qui comptait encore, qui me comblait.... Au comble du paradoxe je regagne ma chambre d'internat, écoute Ben Harper à fond avant de comprendre que les paroles me rendent malade, zappe sur Yuri Buenaventura... voilà le sourire que j'attendais.... Alors je revois le professeur d'histoire parler des barbus qui complotent, je revois Thibaud qui joue avec Scrat en s'exclamant cette expression devenue célèbre: "C'est complètement hallucinatoire", je revois Yannick qui me raconte ses révisions chaotiques, je revois Nanie qui devient zinzin quand je fais rire "Petit Violet", je revois Baptiste qui de toute évidence serait perdu s'il faisait ses courses sans moi... et je me dis: "With so many people to love in my life, tell me why would I worry about one?". Aller, je reprends le boulot, je regarde un film niais après pour faire comme s'il parlait de moi et rester bouche-bée devant le happy end, et plus tard, comme d'habitude, j'irai me promener parce que "sometimes, sometimes, you just have to walk away".
La valeur de mes journées tient probablement plus de ces élans que des activités qui en découlent...  je suis libre tant que je le décide... c'est pas plus compliqué.
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Je m'arrête là. Je ne sais pas si l'on peut prétendre renoncer à aimer une personne après un an et demi d'illusion quotidienne,  mais si je n'essaie pas je crains de perdre tout ce qu'il y a de bon, de passer à côté d'une vie qui va commencer, et même de bouleverser ma mémoire au point de perdre le goût de l'entretenir.
On m'a souvent dit ces mots: "oublie-le", "tu te fais du mal pour rien" ou le fameux "il ne te mérite pas" qui m'a toujours forcé à répondre: "alors vous pensez que je ne mérite pas ce que je veux vraiment"... mais tout ça c'est fini aussi.
Que pourrais-je dire pour résumer cette épopée: je suis tombée amoureuse, tombée au sens propre parce que de toute évidence je ne m'y attendais pas et le choc n'a fait que renverser tout ce qui pouvait exister autour. Je suis restée à terre pendant longtemps en attendant qu'on me relève, qu'il me relève. Là, je viens de comprendre que je dois faire l'effort toute seule pour remarcher un jour. C'est aussi simple que ça.
Et pour la suite: Il restera les belles images et les réflexes, mes "arguments d'autorité" comme l'a affirmé Baptiste sans mesurer probablement la portée de cette expression, les doigts qui glissent sur le téléphone pour envoyer je ne sais quoi d'inintéressant et s'assurer que l'autre pense à vous quand même, et il y aura une trace... celle qui me pousse à croire que le chemin est encore long avant d'atteindre la paix, mais je ne ferai pas marche arrière, pas comme la dernière fois, comme les dernières fois.
Je ne peux prétendre qu'il n'y ait eu que du négatif dans cette "affection non partagée", ce serait mentir. La vérité rend les choses beaucoup plus dure: je n'arrive pas à tout regretter. Bien sûr je regrette telle ou telle conversation, tel ou tel message qui n'était que le fruit d'une frustration, tel ou tel mot prononcé sans réfléchir, telle ou telle déclaration sans réponse... mais dans le fond, c'est beau tout ça, c'était beau...
Je reste partagée: je me dis que si tu avais été immonde les choses auraient été plus faciles, mais d'un autre côté cela m'aurait fait croire que j'avais aimé un abruti...chose que je ne suis pas prête à admettre. Je préfère me dire que j'ai eu bon goût, que je n'aurai pas pu trouver mieux... enfin pas encore. Il a fallu que je flanche pour mon contraire, je me serais ennuyée s'il n'y avait pas eu de conflit dès le départ... il y en a eu trop. C'est une question de mesure. Je veux faire mieux la prochaine fois... je veux qu'il y ait une prochaine fois.
Voilà pourquoi je dis adieu, je ne le fais que par ce blog mais dans ma tête tout est plus clair une fois qu'il y a rédaction. Tu continueras à m'appeler, je continuerai à répondre, mais pas comme avant, pas en attendant qu'il se produise un miracle. C'est fini... ça y est je l'ai écrit! Ca me rassure de voir ces mots qui m'ont fait si peur jusqu'alors. C'est sur papier tout ça, c'est immortel. C'est comme dans un livre, on attend la suite, j'attends la suite. Au moins je n'aurai pas manqué d'intensité parce qu'autant l'avouer: c'est vrai ce qu'on dit, il vaut mieux avoir souffert par amour que de n'avoir jamais aimé.

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« Tout change, tout périt, tout passe, il n’y a que le monde qui reste, il n’y a que le temps qui dure »… et il y a les souvenirs, ces fragments de deux années qui s’achèvent et qui laissent bien plus qu’un goût amer. J’ai envie de crier :« Famille je vous hais », cette famille qui s’est créée et qui m’abandonne, qui s’effrite, qui se chamaille pour un rien et se prive de happy end ! J’ai le droit à une belle fin, bon sang ! Je veux une mort grandiose et pas une de ces histoires bâclées ! Je veux quelque chose de consistant, qui rende hommage à tout ce qui a pu se passer et qui me laisse envisager un après avec la joie de l’accomplissement ! Je ne veux pas avoir à pleurer deux années durant le reste de ma vie ! Je mérite mieux !

Et pour l’instant je fais quoi à votre avis à part être en deuil de ces journées encore agonisantes. Je me dis que des regrets il y en aura forcément, quoi qu’on fasse… qu’il y en déjà beaucoup, et que je les déteste. Les regrets, c’est le signe de l’échec et c’est l’aveu de l’impuissance. Ça vous bouffe de l’intérieur et ça ruine tous les vestiges de ces petites anecdotes, de ces pics au p’tit déj, de ces blagues de mauvais goût, de ces promenades dans la vieille ville, de ces verres aux Artistes, de ces courses du lundi après-midi, de ces épisodes de Plus Belle La Vie, de ces petites caresses sur le bras quand ça va pas, de ces jeux de rôle avec les peluches, de ces réflexions cochonnes, de ces ballons en surimi à la cantine, de ces dernières élections présidentielles, de ces pâtes au saumon, de ces fiches parfaites, de ces films trop longs. Je peux continuer la liste encore longtemps mais ça ne me ferait aucun bien. On en a vécu des trucs. Tout ça gâché parce que ça s’arrête forcément à un moment et parce que les gens sur les photos sont partis…ou qu’ils n’ont jamais été vraiment là…. AH ! mes oasis ! C’est dégueulasse de m’avoir fait vivre ça alors que vous le saviez depuis le début, vous, que ça marcherait pas toujours ! Les souvenirs je m’en fous et j’en crève ! Moi, j’ai plus que des regrets parce que j’ai aimé tout, les bidules, les truc-muches, les boxons. …. Vous aviez pas le droit ! Pas le droit de changer mon monde à moi ! C’est nul parce que quand je cherche quelqu’un à l’internat y’a une porte qui s’ouvre et que dans mon appartement y’aura que moi. Parce que quand je fais du café c’est pas que pour ma tronche… pas comme l’an prochain alors que j’aime même pas ça le café ! Parce que si mon mur est vide aujourd’hui, c’est que vos photos j’en peux plus… parce qu’il se pourrait qu’un jour il n’y ait plus que des photos ! Parce que c’est déjà le cas, que les adieux ont commencé l’an dernier et que j’y pense tout le temps, même en dormant… quand j’arrive à dormir ! Parce que c’est pas juste ! J’ai trop donné, j’ai plus rien… rien. Et je regrette tellement de choses… tellement de choses…. Et la prépa devrait être un regret de plus ! Non mais vous êtes pas bien ! C’est pas fini tout ça ! Y’a encore une page à écrire et une belle s’il vous plait ! De la grande littérature ! On est en khâgne oui ou non !?

 

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Après une de ces très courtes nuits qui me sont devenues familières, je m’apprête à me rendre en devoir d’histoire avec un peu de réticence comme toujours. La salle polyvalente squattée par la peuplade HEC nous laisse quelque répit mais le moment fatidique arrive. Nous entrons à reculons dans la salle qui abritera nos têtes pensantes pendant plus de six heures. Une douleur aiguë au coccyx me rappelle que travailler tard au perchoir, dans une de ces pièces sombres et glauques au dessus des escaliers craquants et dangereux qui mènent au troisième étage, n’est pas recommandé pour la santé…. Le sujet tombe et j’entends devant moi qu’on murmure : « Nationalités et minorités en Europe au XXème siècle ». Ni une, ni deux, je me jète sur mes brouillons et griffonne à toute allure, espérant ainsi combler une incompétence à problèmatiser par une relative capacité à déblatérer durant des copies entières le plus de cours possible… si je ne sais donner une contenance à mon devoir je lui offre au moins du contenu… reste à savoir si ces 22 pages seront suffisantes pour assommer le divin prof, trop peu enclin à la générosité pour tomber dans le panneau et accepter mes manœuvres de diversions.

Une fois sortie, accompagnée par un mal de crâne, des crampes aux mains, des tâches d’encre sur les doigts et toujours cette atroce douleur dans le bas du dos, je remonte dans ma chambre et retrouve les internes dépités et anesthésiés par ce sujet complexe et complet.

Je n’ai pas le temps de me joindre à leurs plaintes et préfère de loin retrouver l’air pur nancéen et ma chère Elsa qui est décidément très douée pour me faire oublier les cours et les devoirs en marche. En parfaite accro aux chaussures, elle m’emmène dans ces magasins « PAS CHERS » de la rue Saint Jean et se fait conseiller par une fille qui semblait ne pas concevoir que le noir et le chocolat puisse aller avec une jupe pourtant tout à fait raccord… étrange !

Je l’entraîne au cinéma, bien que rattrapées toutes deux par l’alerte qui fait trembler les automobilistes…. « AH ! J’ai oublié le parc-mètre ! »…. Heureusement les aubergines ne sont pas de sortie en cette journée pourtant très ensoleillée et Elsa est une star de la course en talons (c’est une épreuve d’entrée à l’armée, madame la major de promo ?) donc nous arrivons à temps pour la séance de 16h15. Je sais que j’ai choisi le film et qu’il n’est pas joyeux mais Luc Besson je l’aime bien et après avoir planché sur de l’histoire j’avais besoin d’un truc qui bouge et qui me permette de me défouler par procuration. N’empêche ça fait sacrément peur tout ça et je me dis que pour voyager seule il va me falloir au moins un mois ou deux pour m’en remettre et oublier ces images ! Néanmoins je sais torturer quelqu’un juste avec deux clous et une ligne de courant…c’est toujours utile !

Quoiqu’il en soit nous sommes en vie, pleine de Glups’ et de Coca-Cola… prêtes à affronter de nouvelles aventures. Et je ne crois pas si bien dire puisque la suite de notre excursion est assez… comment dire… traumatisante ?! Pour commencer, la Place Stanislas semble envahie de cette nouvelle race tektonikeuse qui, il faut le dire franchement, est assez spéciale. Mais c’est la Pépinière qui nous réserve la plus grosse surprise. Alors que nous évoluons au milieu des Schtroumfs joueurs de pétanque, des babouins et autre chèvres naines qui peuplent ce magnifique espace vert, nous rencontrons en chemin de charmants énergumènes de la race précédemment citée et nous constatons avec effroi que les bonnes manières manquent à certains. L’un de ces macaques-humains, pris d’une légère crise de folie, frappe ma pauvre Poutrelle à l’aide d’une feuille de papier et lorsque celle-ci s’emporte il se contente de baragouiner fébrilement un « c’est pas moi, j’ai rien fait » assez risible. Forte de cette victoire sur l’espèce condamnable, la grande gaillarde au bottes en cuir trace son chemin sous mon air ébahi. Nous pensions alors avoir constater suffisamment les défauts de l’espèce mâle mais il s’avère qu’un peu plus loin, alors que je rêvassais aux futurs aménagements de Mon parc en prévoyant tel ou tel rosier devant tel ou tel pan de tomates, un homme d’âge mur nous croise et poursuit sa route sans rien dire. Nous continuons toutes deux à développer notre puissance créative lorsque arrivées au kiosque, nous remarquons que ce même homme avait fait demi-tour pour venir à notre rencontre. Parce que décidément on est trop sympa et qu’on pensait que ce gentil petit gars voulait un renseignement, on le laisse nous accoster. Manque de bol, nous fûmes choquées d’être si aisément tombées dans l’embuscade. Le gougnafier déclame avec un accent exotique à peine dissimulé cette splendide sentence : « Je peux aller droit au but… ? ». La réponse nous vient en cœur : « Euh… NON ! ». Puis, traumatisées par ce déballage affectif nous imaginons une réponse toute autre et ma foi bien plus comique : « heu.. But je sais pas mais Darty c’est pas loin ! ». Belle preuve que garder le sens de l’humour et de la répartie quand un malade sexuel essaye de profiter de vous et de votre amie en même temps un samedi soir dans un parc public reste possible !

Si ce genre de rencontres devient presque familière ces derniers temps (je me souviens encore de ce jeune homme plutôt mignon qui m’a abordé devant chez Thibaud pour me déclarer son amour à travers la sublime question… que beaucoup m’envient, je vous jure… « c’est combien la passe ? ») je n’en reste pas moins surprise qu’il n’y ait pas plus de retenue de la part de certains psychopathes sortis de leur hibernation forcée pour retrouver le printemps et sa vertu… féconde !

Mais passons ces digressions. Après un sandwich peu diététique, je dois quitter ma chère Elsa pour retrouver ma chambre, Yannick et ses photos et la TNT de Baptiste (merveille de la technologie ce petit truc !). Je regarde indignée les Victoires de la Musique en écoutant Maeva contester la défaite de Daft Punk et regretter que le chevelu-barbu-au-nom-ringard de Justice ne dise pas un mot. Edouard Baer me fait hurler de rire avec sa reprise de Carlos et Julien Doré (ah…Julien Doré !! hum…) me ferait presque baver d’admiration (vous avez vu ce corps !).

Bref, j’ai mal au coccyx mais on s’en fout. J’ai du travail mais on s’en fout… je peux dormir… profitons-en !


Retenons la phrase du jour: "Ce mec est une b..., j'y vais quand j'en ai envie" (Merci Elsa c'est de la grande poésie!)
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