Le relâchement de cette période de "révisions-post-massacre" laisse planer un je ne sais quoi qui me dérange... et si c'était l'ennui
d'une journée qui recommence sans cesse?
Bien sûr il y a des tonnes de cours à revoir ou même à voir, mais ça bloque, ça cloche et je n'arrive pas à me dépétrer de ce bazar. J'en suis à mon troisième film nunuche en deux jours, stagnant
dans ma chambre d'internat entre deux promenades de 2h... et rien, pas même un sourire, je me lasse. Pourtant je découvre de nouveaux coins de Nancy, des parcs comme celui du Joli-Coeur ou celui
de la Citadelle, je mets dans mes oreilles des musiques assez rythmées pour me donner l'envie de continuer à marcher à une allure tonique, mais de temps en temps une des données de mon MP3
ralentit et je me laisse aller, maussade et probablement encore incapable de bloquer les souvenirs qui viennent en boucle, à ce sentiment de vide qui me révulse. Je passe la chanson. Je reprends
de la vitesse. Et je me sens coupable. Coupable de ne pas arriver à en profiter. Il fait beau, indécemment beau, aujourd'hui. Les gens se bousculent dans les rues pour jouir d'un nouveau soleil
et des attractions de la fête forraine. Moi, je suis à l'écart, je cherche à partir dans une autre direction, je m'éloigne volontairement, comme si je ne voulais pas le quitter ce vide, comme si
c'était la seule chose qui comptait encore, qui me comblait.... Au comble du paradoxe je regagne ma chambre d'internat, écoute Ben Harper à fond avant de comprendre que les paroles me rendent
malade, zappe sur Yuri Buenaventura... voilà le sourire que j'attendais.... Alors je revois le professeur d'histoire parler des barbus qui complotent, je revois Thibaud qui joue avec Scrat en
s'exclamant cette expression devenue célèbre: "C'est complètement hallucinatoire", je revois Yannick qui me raconte ses révisions chaotiques, je revois Nanie qui devient zinzin quand je fais rire
"Petit Violet", je revois Baptiste qui de toute évidence serait perdu s'il faisait ses courses sans moi... et je me dis: "With so many people to love in my life, tell me why would I worry about
one?". Aller, je reprends le boulot, je regarde un film niais après pour faire comme s'il parlait de moi et rester bouche-bée devant le happy end, et plus tard, comme d'habitude, j'irai me
promener parce que "sometimes, sometimes, you just have to walk away".
La valeur de mes journées tient probablement plus de ces élans que des activités qui en découlent... je suis libre tant que je le décide... c'est pas plus compliqué.
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