Je m'arrête là. Je ne sais pas si l'on peut prétendre renoncer à aimer une personne après un an et demi d'illusion quotidienne, mais
si je n'essaie pas je crains de perdre tout ce qu'il y a de bon, de passer à côté d'une vie qui va commencer, et même de bouleverser ma mémoire au point de perdre le goût de l'entretenir.
On m'a souvent dit ces mots: "oublie-le", "tu te fais du mal pour rien" ou le fameux "il ne te mérite pas" qui m'a toujours forcé à répondre: "alors vous pensez que je ne mérite pas ce que je
veux vraiment"... mais tout ça c'est fini aussi.
Que pourrais-je dire pour résumer cette épopée: je suis tombée amoureuse, tombée au sens propre parce que de toute évidence je ne m'y attendais pas et le choc n'a fait que renverser tout ce qui
pouvait exister autour. Je suis restée à terre pendant longtemps en attendant qu'on me relève, qu'il me relève. Là, je viens de comprendre que je dois faire l'effort toute seule pour remarcher un
jour. C'est aussi simple que ça.
Et pour la suite: Il restera les belles images et les réflexes, mes "arguments d'autorité" comme l'a affirmé Baptiste sans mesurer probablement la portée de cette expression, les doigts qui
glissent sur le téléphone pour envoyer je ne sais quoi d'inintéressant et s'assurer que l'autre pense à vous quand même, et il y aura une trace... celle qui me pousse à croire que le chemin est
encore long avant d'atteindre la paix, mais je ne ferai pas marche arrière, pas comme la dernière fois, comme les dernières fois.
Je ne peux prétendre qu'il n'y ait eu que du négatif dans cette "affection non partagée", ce serait mentir. La vérité rend les choses beaucoup plus dure: je n'arrive pas à tout regretter. Bien
sûr je regrette telle ou telle conversation, tel ou tel message qui n'était que le fruit d'une frustration, tel ou tel mot prononcé sans réfléchir, telle ou telle déclaration sans réponse... mais
dans le fond, c'est beau tout ça, c'était beau...
Je reste partagée: je me dis que si tu avais été immonde les choses auraient été plus faciles, mais d'un autre côté cela m'aurait fait croire que j'avais aimé un abruti...chose que je ne suis pas
prête à admettre. Je préfère me dire que j'ai eu bon goût, que je n'aurai pas pu trouver mieux... enfin pas encore. Il a fallu que je flanche pour mon contraire, je me serais ennuyée s'il n'y
avait pas eu de conflit dès le départ... il y en a eu trop. C'est une question de mesure. Je veux faire mieux la prochaine fois... je veux qu'il y ait une prochaine fois.
Voilà pourquoi je dis adieu, je ne le fais que par ce blog mais dans ma tête tout est plus clair une fois qu'il y a rédaction. Tu continueras à m'appeler, je continuerai à répondre, mais pas
comme avant, pas en attendant qu'il se produise un miracle. C'est fini... ça y est je l'ai écrit! Ca me rassure de voir ces mots qui m'ont fait si peur jusqu'alors. C'est sur papier tout ça,
c'est immortel. C'est comme dans un livre, on attend la suite, j'attends la suite. Au moins je n'aurai pas manqué d'intensité parce qu'autant l'avouer: c'est vrai ce qu'on dit, il vaut mieux
avoir souffert par amour que de n'avoir jamais aimé.
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