J'avais l'intention de partir encore dans un délire poétique pour célébrer ce que j'aime le plus au monde: les défauts. Finalement je vais vous raconter ma semaine, incroyablement imparfaite et pleine de joies et de souvenirs...
Pour commencer, une image:
Celle des mâles en puissance de notre chère classe se débattant sur la pelouse de la pépinière dans un semblant de football acrobatique. En les admirant, j'ai pensé, le sourire aux lèvres, "ils on l'air con mais je les aime".
Les ralentis d'Antoine, les cris de joie d'Olivier, les plaintes de Florian, les prouesses du Roy, la chute de Martin, ou les cheveux de Vincent ondulant au vent comme dans une pub pour L'Oréal, m'ont laissé sans voix (ce qui n'est pas une mince affaire, je vous l'accorde). Aucune rigueur, aucun cadrage, aucune limite de terrain... juste des ahuris qui crient, sautent partout et se plaignent de la fatigue toutes les 10 minutes!...Pourtant, je crois que c'est l'un des plus beaux matchs que j'ai eu le plaisir de regarder (enfin, je n'ai pas pu tout voir, pour cause d'urgence infirmerie, mais l'esprit y était!).

Ensuite, une soirée:
Les désormais célèbres canapés des Artistes ont de nouveau été le lieu de nos délires étudiants. Une dizaine de personne réunies autour d'une table...et tellement de rire et d'anecdotes à raconter qu'il me faudrait une bonne quinzaine d'articles pour exploiter tout ce potentiel.

Le grand chevelu, récemment déclaré admissible à Science Po Paris (mais d'ores et déjà admis dans nos coeurs....rrroooh c'est beau!), s'est lancé dans une compétition autour du thème de l'alcool. Résultat, il me surpasse (3.5 barons contre 3, étant donné qu'il a renversé la moitié de son verre sur le parquet) probablement grâce à sa génétique favorable de vosgien.
S'ensuivit une partie de billard atypique, dans laquelle, cette fois-ci, Vincent n'a pas brillé par son talent malgré les recommendations de sa charmante partenaire Lucie (c'est chaleur!). Baptiste et Florian servent alors leur ego et l'emportent adroitement.
Le succès relatif de Florian l'engagera dans un autre pari, et je me réjouis de la défaite qui le força à se joindre à nous, plus tard, à l'Envers.
Nous parlons, rions, écoutons encore des blagues douteuses, partageons nos souvenirs de cette année déjà presque achevée, et formons des projets pour l'année à venir. Marine H. s'inquiète, Vincent pense à son oral, Florian est indécis, et Blandine rejoint la troupe...
Et plus tard dans la nuit, en voyant quelques uns de ces individus étrangement attachants se déhancher sur la piste de l'Envers, de TTC aux démons de minuit (la parodie évoquant une bouteille de whisky est une merveille de la langue française produite par des esprits supérieurs et quelques peu poivrots!), il était évident que le changement de l'an prochain allait nous bouleverser totalement.
Pas de Tainted Love cette fois (Lucie, nous sommes maudites), mais le Jerk et Mika sont toujours au programme du DJ déjanté. L'alcool et le tabac embaume la salle surchauffée où les corps se laissent aller à une sorte de frénésie ennivrante. Ceux qui pensaient partir plus tôt se prennent au jeu, pour mon plus grand plaisir.
Puis, après trois heures du matin, dans les rues endormies de la vieille ville, Florian a mal aux pieds et se compare à une éponge.... rien de plus naturel. Chacun à un coin de la chambre, je l'entends qui me parle mais je somnole déjà. Il dit que je suis méchante et que toutes les filles sont compliquées....soit! Ces mots me bercent et je ne parviens presque plus à articuler les quelques paroles qui rêvent de sortir....pourtant c'est facile à dire: "je voudrais...j'aimerais....enfin....tu vas me manquer". Alors, je m'endore difficilement après avoir promis des crèpes que finalement je n'aurais pas le courage (et la faim) de faire au réveil.

Puis, un lendemain:
Après avoir été harcelée, je déguste mon petit déjeuner en feuilletant un magazine de l'UMP. La X-box nous occupe un temps.... Nous repartons tous les deux et je le quitte en face de la gare. Finalement je n'aurais rien dit de vraiment gentil de toute la matinée... les regrets m'accablent.
Je retrouve ma chambre d'internat que je quitterai dans une semaine à peine. Je croise Baptiste et Pauline.
Vincent me rejoint et affronte avec moi l'encerclement des mathématiciens travailleurs lors d'un repas très peu gastronomique. Il est surprenant de voir que d'autres sont fatigués parce qu'ils ont cours le samedi matin alors que nous, nous avons juste du mal à décuver....

Tout s'achève par un retour en train avec mes chers compagnons MP. Gérard veut partir de Poinca...sniff!
Les bruits stridents du film The Island agresse les timpans de notre adepte de nostalgie, Jérémie admire les trains du futur et Damien remarque que Scarlett est bien foutue...décidément tous les mêmes!
Et voilà, l'annonce fatidique: "Châlons en champagne".

Et une bonne nouvelle:
Elle concerne la fan des hyènes de la 304. Comment pourrais-je me passer d'elle l'an prochain? Je suis soulagée de ne plus avoir à réflechir sérieusement à cela. "ELLE" va en K1, l'honneur est sauf et l'amitié rempile pour un an....franchement ça fait plaisir!

Des conséquences:
Comment aurais-je pu prévoir que je préfèrerais rester en cours pendant les deux mois de vacances qui m'attendent plutôt que de devoir me passer de vous aussi longtemps!
Pourtant, vous avez tous vos petits défauts, vos petites habitudes malicieuses, vos grains de folie...que les non-initiés prendraient pour des raisons de mésentente.....les ignards! Je ne conçois pas de perfection fade, je ne vois que des êtres entiers, et entièrement à aimer. S'il m'est arrivée d'être blessée par certains d'entre vous, par des propos cassants ou des refus catégoriques, par des manques d'attention ou des incompréhensions, par des révélations ou des maladresses....ces quelques bavures n'entâchent en rien mon besoin profond de vous voir, de sentir que vous êtes là pour moi et que demain je pourrai surmonter les nouvelles déceptions grâce à vous. Dans les sermons de Yannick, dans les insultes de Thibaud, et dans les inconstances de Florian, je vois de l'amitié, de l'inquiètude et des bonnes intentions. Peut-être suis-je naïve, peut-être que les gens ne sont pas toujours gentils et que tous mes rêves sont destinés à rester des rêves.....et bien tampis. Je plonge dans les tréfonds de l'impossible réalisation et je savoure mon illusion avec une pince de frustration que vous vous chargez de combler en toute hâte. J'aime quand le silence se change en nouvelle complicité, quand les excuses suivent aux larmes et quand le oui succède au non. J'aime voir ma vie se métamorphoser chaque semaine, j'aime faire des erreurs pour pouvoir les corriger avec vous, j'aime votre absence lorsqu'elle est annonciatrice de nouveaux épanchements.....J'aime ma vie grâce à vous.

Tous ces mots, ces effusions mélodramatiques, vous devez les voir tels qu'ils sont, c'est à dire: indubitablement témoins de mon défaut principal, mon romantisme. L'imperfection de cette existence, éphémère et tapie d'absurde, me pousse à espérer, espérer, et espérer encore, sans repos. Aucune nuit sans rêve de bonheur, aucun sanglot sans attente de consolation, aucun jour sans doux simulacres...Certains diront que c'est de la stupidité mais vous m'épauler malgré cela.
C'est pourquoi, je fais cet éloge à l'imparfait, à ce qui nous rend susceptibles d'intérêt, tantôt en bien, tantôt en mal... Le pire reste l'indifférence et je n'ai jamais eu l'impression de subir ce calvaire avec vous... MERCI.
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