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Chuck Norris Power

Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.

Chuck Norris peut gagner une partie de puissance 4 en trois coups.

Dieu a dit: que la lumiere soit! et Chuck Norris répondit : On dit s'il vous plait.

Chuck Norris est la raison pour laquelle Charlie se cache.

Le calendrier de Chuck Norris passe du 31 mars au 2 avril. Personne ne fait de blague à Chuck.

Si "Denver" est le dernier des dinosaures, c'est que Chuck Norris l'a trouvé plus sympathique que les autres.

    Allez voir sur: http://chucknorrisfacts.fr/index.php

Bienvenue, ô amis fidèles...

Voilà un peu ma vie, un peu celles des autres... à vous de voir....


Un jour, ma mère m’a dit que l’amitié fille-garçon ne marchait pas, qu’il y avait toujours un hic, que c’était pas fait pour coller. Un autre jour, j’ai regardé Quand Harry Rencontre Sally et quand Billy Cristal fait la même réflexion je me dis que c’est bizarre quand même que et ma mère et Billy Cristal aient tort, ça fait beaucoup. Et je pouvais pas y croire. Moi qui avais des amis garçons je ne voyais pas en quoi il y avait incohérence et en quoi il y avait menace. Alors j’ai regardé la suite du film, un peu perplexe et j’ai compris beaucoup de choses. Ils avaient raison, Billy Cristal et ma mère étaient dans le vrai, ça cloche toujours. Soit la complicité se change en affection qui se change en amour et dans ce cas il n’y a plus d’amitié. Soit il y a un désir a priori qu’on cherche à camoufler et qu’on feint d’ignorer mais qui remonte toujours à la surface. Soit, et ça c’est le pire des cas, et c’est mon cas, une des deux personnes tombe amoureuse sans que l’autre n’y voit rien et la non-réciprocité mène au désastre. Qu’en conclure alors ? Est-ce qu’il n’y aurait pas une échappatoire ? Hommes et Femmes sont-ils condamnés à choisir entre la distance et la trop grande proximité ? Ca semble un peu facile d’aggraver les choses comme ça, et pourtant on serait tenté de croire que ça ne peut pas être autrement.



Et là, survient la réplique qui nous sauve tous. Quand Harry et Sally sont en couple en même temps, Harry déclare que dans ce cas là ça peut marcher et remet sa théorie en cause par cette simple exception. Après tout c’est logique, si la place est déjà prise alors quel est le risque ? Et lorsqu’ils décident finalement de devenir amis, après encore quelques années d’intervalle qu’on remarque à leur changement de look, ils sont seuls tous les deux mais ils ont encore dans la tête leurs ex-amours ce qui les poussent à croire que ça peut fonctionner, parce que le souvenir permanent montre qu’il y a chaise-gardée. Harry aime toujours Hélène, Sally aime toujours Joe et Harry et Sally sont amis. Génial, et après, qu’est-ce qui se passe ?


                            

Eh bah je vais vous le dire, on le devine depuis le début, et même seulement grâce au titre mais on se fait piéger quand même. Je vous le donne en mille : Sally déprime, Harry la console. Le schéma naturel de l’amitié réconfortante va trop loin et là c’est la boulette parce que l’un et l’autre se rendent compte que depuis le début c’est du grand n’importe quoi ! Ca fout les boules tout ça, quand même ! Alors les belles théories elles passent à la trappe. Il faut bien le dire, Sally appelle Harry parce qu’elle a une idée derrière la tête et Harry ne se fait pas prier. Que ce soit impersonnel et proprement charnel semble totalement aberrant. Et d’ailleurs ils le sentent tout de suite. Après avoir avoué que c’était une grosse erreur et ce réciproquement, ils n’en restent pas là. Ils peuvent pas tout oublier parce que c’est pas comme ça que ça marche, faut pas croire tout ce qu’on dit : faute avouée pas du tout pardonnée ! Bref, ils arrêtent de se parler jusqu’à ce qu’enfin ils se retrouvent au jour de l’an, lors des douze coups de minuit. La déclaration est sublimissime, comme toujours dans les films romantiques. On peut se dire que tout baigne alors puisque tout le monde a trouvé l’amour mais non ! Vous êtes pas nets ! C’est un film ! Je vous le dis depuis le début et vous suivez pas ! Dans la vraie vie, y’a des regrets et une amitié gâchée. Au mieux ils s’en remettent au bout d’un an ou deux, au pire il couche avec toutes les gourdes qu’il trouve et elle finit vieille fille… pas de quoi rêvasser !


Solitude1_2

Que dire de tout ça, alors ? Qu’il faut oublier l’amitié avec le sexe opposé ? Certainement pas ! Mais il faut s’attendre à ne pas respecter des schémas… et à garder certaines limites, si on y arrive,  et peut-être qu’un jour on trouvera dans la vraie vie ce genre de relation non-ambiguë qu’on ne peut espérer pour le moment qu’avec un meilleur ami gay quand on est une fille et une meilleure amie lesbienne quand on est un homme. Faut y croire un peu, et s’entraîner. Si on se plante tampis, on souffre un bon coup et on remonte en selle, sans mauvais jeu de mots, bien sûr. Et puis même, l’échec ça fait du bien des fois. Ca nous remet à notre place et ça fait relativiser. Et des amis y’en aura toujours. Et des amis, ça part un jour… pour que d’autres arrivent. C’est triste et joyeux à la fois. Waouh ! Je viens de comprendre qu’en fait l’amitié c’est toujours ambigu et c’est fait pour l’être. On sait pas à quoi s’attendre, on peut être surpris, déçu, lésé… mais on s’en fout, c’est pas ce qui compte. Harry et Sally on sait comment ça finit mais ce qui est drôle c’est comment on en arrive là.

                          

 

Alors, je vous laisse et je vais méditer là-dessus en me mettant dans la tête que ça peut finir bien, pas comme la dernière fois, ou que ça peut ne pas se finir du tout ce qui serait encore mieux. Bienvenus, mes amis.

 

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 C'est Peyton qui le dit, "les gens partent toujours"... alors, si c'est une réplique culte des Frères Scott, c'est que ça doit être vrai, non?

                                        

A quoi ça rime tout ça, finalement? On construit quelque chose, quelque part, avec quelqu'un... et puis on fuit, on voyage, on prend des initiatives et on recommence tout depuis le début, en laissant les autres derrière nous et en oubliant, petit à petit, ce qui avait fait qu'on se sentait chez soi.

Voilà à quoi j'en suis: je pense que tout ça c'est un peu absurde. Pourquoi on s'accroche aux gens si on est sûr de devoir les abandonner, et surtout pourquoi on fait en sorte qu'eux nous aiment alors qu'on s'apprête à les faire souffrir. Franchement, c'est du sado-masochisme tout ça! On suit un plan de carrière, un plan anti-déprime ou un plan foireux et on s'éloigne parce que dans le fond on sait qu'un monde nouveau nous attend. Eh bah moi je dis non! et pourtant je le dis pas souvent!
 
Je dis que si on veut partir il faut des raisons valables parce que sinon c'est injuste et je dis qu'il n'y a aucune raison valable qui implique de faire souffrir des gens et de souffrir soi-même.

                                        

Moi, je pars pas. J'y arriverai jamais à partir. Il me faut un repère et quelque chose de consistant. Je suis lâche, moi. J'arrive pas à oublier. J'arrive même pas à me dire qu'il y a un après. Et je les envie des gens qui se le disent, ceux qui croient être capables de bouger un peu et de s'en remettre, même si sur le coup ils en crèvent tellement ça les bouffe. Je les envie ceux qui ont plus d'ambition que de besoin de sécurité, ceux qui quittent la ville, le pays ou le continent et qui après tout ne s'en portent pas trop mal.
Allez-y, lachez-moi tous. Je peux pas vous suivre et c'est ça qui me rend malade. Moi je voudrais qu'on crée un ailleurs ici... moi je voudrais faire autre chose que rêver ou écouter pendant que les autres vivent. Moi je voudrais partir comme vous, sans regret... mais je peux pas... je peux pas.
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on le serait à moins...
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Juste avant de m’avancer vers la salle 313, pour mon ultime khôle de l’année, je repense à tout ce qui a pu se passer depuis l’an dernier, tout ce qui fait qu’aujourd’hui je me sens assez bizarre...

L’an dernier en arrivant, je n’avais rien, personne à qui parler, aucune culture spécifique, aucun intérêt … une table rase. J’avais décidé de faire le vide après mon année de terminale assez chaotique pour commencer une nouvelle vie et là me voilà un an après, avec un amas de connaissances encyclopédiques aussi intéressantes que le nombre de bouchons de moteur produits en 1919 ou les relations quelques peu déplacées du Duce avec ses secrétaires, une montagne d’amis aussi invraisemblablement originaux que l’on douterait de moi si j’en parlais sans retenue, une infinité de souvenirs qui ont forgé mon caractère et avec eux une foule de rires, de pleurs, de cris en tous genres ou de silences gênés ou contemplatifs. Je suis pleine à craquer… à craquer. « J’ai vécu des choses, moi »… et pas seulement en fréquentant des gens saouls sur les ponts, bien que là encore ce soit une image mémorable. J’ai grandi, on a tous grandi, j’ai changé, on a tous changé… et on a poussé nos forces à bout.

Alors voilà, après deux ans de prépa, je fais le bilan. Tout n’est pas positif, ça a durement commencé, c’est devenu de mieux en mieux et puis il y a eu des dérapages à la fin… c’est notre histoire et on suit le schéma si bien enseigné par le professeur de philosophie. Un peuple apporte quelque chose au grand dessein de l’Esprit humain et il s’affaisse, il laisse sa place aux autres qui reprendront l’héritage et y apporteront à leur tour leur petite touche personnelle. Et nous, on en aura amené des trucs sympas, des traditions loufoques, des éléments épicés… on est des bons, nous ! Les Grecs de la civilisation khâgneuse, les Romains de l’orgie moderne, les Egyptiens de l’évolution du café à la bouilloire, les Révolutionnaires de la pratique latine…. Bref… des vrais warriors ! Va falloir assurer après nous, je vous le dis !

Et puis on était une bonne équipe, les profs nous aimaient bien et nous embêtaient pas trop, on avait la télé et on avait des idées, des idées tordues, certes, mais des idées nouvelles. On avait du travail, c’est sûr, mais ça passait bien quand on le faisait à plusieurs. Et on avait un art particulier, celui de la boucherie, celui que tous nous envieraient s’ils comprenaient l’intérêt de faire des blagues salaces en latin ou d’écouter Didier Super quand il dit qu’il faut brûler les enfants… un autre monde, je vous dis, tous des barbares, mais des gentils barbares, des barbares que j’aime bien, moi, mais qu’il faut laisser un jour pour que les autres en profitent.

Alors, en grande altruiste, je passe le flambeau aux bizuths, puissent-ils veiller sur la flamme classique mieux que les français sur la flamme olympique !

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et ce soir.... APERO!
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Le relâchement de cette période de "révisions-post-massacre" laisse planer un je ne sais quoi qui me dérange... et si c'était l'ennui d'une journée qui recommence sans cesse?



Bien sûr il y a des tonnes de cours à revoir ou même à voir, mais ça bloque, ça cloche et je n'arrive pas à me dépétrer de ce bazar. J'en suis à mon troisième film nunuche en deux jours, stagnant dans ma chambre d'internat entre deux promenades de 2h... et rien, pas même un sourire, je me lasse. Pourtant je découvre de nouveaux coins de Nancy, des parcs comme celui du Joli-Coeur ou celui de la Citadelle, je mets dans mes oreilles des musiques assez rythmées pour me donner l'envie de continuer à marcher à une allure tonique, mais de temps en temps une des données de mon MP3 ralentit et je me laisse aller, maussade et probablement encore incapable de bloquer les souvenirs qui viennent en boucle, à ce sentiment de vide qui me révulse. Je passe la chanson. Je reprends de la vitesse. Et je me sens coupable. Coupable de ne pas arriver à en profiter. Il fait beau, indécemment beau, aujourd'hui. Les gens se bousculent dans les rues pour jouir d'un nouveau soleil et des attractions de la fête forraine. Moi, je suis à l'écart, je cherche à partir dans une autre direction, je m'éloigne volontairement, comme si je ne voulais pas le quitter ce vide, comme si c'était la seule chose qui comptait encore, qui me comblait.... Au comble du paradoxe je regagne ma chambre d'internat, écoute Ben Harper à fond avant de comprendre que les paroles me rendent malade, zappe sur Yuri Buenaventura... voilà le sourire que j'attendais.... Alors je revois le professeur d'histoire parler des barbus qui complotent, je revois Thibaud qui joue avec Scrat en s'exclamant cette expression devenue célèbre: "C'est complètement hallucinatoire", je revois Yannick qui me raconte ses révisions chaotiques, je revois Nanie qui devient zinzin quand je fais rire "Petit Violet", je revois Baptiste qui de toute évidence serait perdu s'il faisait ses courses sans moi... et je me dis: "With so many people to love in my life, tell me why would I worry about one?". Aller, je reprends le boulot, je regarde un film niais après pour faire comme s'il parlait de moi et rester bouche-bée devant le happy end, et plus tard, comme d'habitude, j'irai me promener parce que "sometimes, sometimes, you just have to walk away".
La valeur de mes journées tient probablement plus de ces élans que des activités qui en découlent...  je suis libre tant que je le décide... c'est pas plus compliqué.
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Merci à Martin qui m'a prêté son CD de Ben Harper... voilà mon coup de coeur:



WALK AWAY

Oh no- here comes that sun again.
And (that) means another day without you my friend.
And it hurts me to look into the mirror at myself.
And it hurts even more to have to be with somebody else.

And it's so hard to do and so easy to say.
But sometimes - sometimes,
you just have to walk away - walk away.

With so many people to love in my life, why do I worry about one?
But you put the happy in my ness, you put the good times into my fun.

And it's so hard to do and so easy to say.
But sometimes - sometimes,
you just have to walk away - walk away and head for the door.

We've tried the goodbye so many days.
We walk in the same direction so that we could never stray.
They say if you love somebody than you have got to set them free,
but I would rather be locked to you than live in this pain and misery.
They say time will make all this go away,
but it's time that has taken my tomorrows and turned them into yesterdays.
And once again that rising sun is droppin' on down
And once again, you my friend, are nowhere to be found.

And it's so hard to do and so easy to say.
But sometimes, sometimes you just have to walk away, walk away and head for the door.
You just walk away - walk away - walk away.
You just walk away, walk on, turn and head for the door.

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Je m'arrête là. Je ne sais pas si l'on peut prétendre renoncer à aimer une personne après un an et demi d'illusion quotidienne,  mais si je n'essaie pas je crains de perdre tout ce qu'il y a de bon, de passer à côté d'une vie qui va commencer, et même de bouleverser ma mémoire au point de perdre le goût de l'entretenir.
On m'a souvent dit ces mots: "oublie-le", "tu te fais du mal pour rien" ou le fameux "il ne te mérite pas" qui m'a toujours forcé à répondre: "alors vous pensez que je ne mérite pas ce que je veux vraiment"... mais tout ça c'est fini aussi.
Que pourrais-je dire pour résumer cette épopée: je suis tombée amoureuse, tombée au sens propre parce que de toute évidence je ne m'y attendais pas et le choc n'a fait que renverser tout ce qui pouvait exister autour. Je suis restée à terre pendant longtemps en attendant qu'on me relève, qu'il me relève. Là, je viens de comprendre que je dois faire l'effort toute seule pour remarcher un jour. C'est aussi simple que ça.
Et pour la suite: Il restera les belles images et les réflexes, mes "arguments d'autorité" comme l'a affirmé Baptiste sans mesurer probablement la portée de cette expression, les doigts qui glissent sur le téléphone pour envoyer je ne sais quoi d'inintéressant et s'assurer que l'autre pense à vous quand même, et il y aura une trace... celle qui me pousse à croire que le chemin est encore long avant d'atteindre la paix, mais je ne ferai pas marche arrière, pas comme la dernière fois, comme les dernières fois.
Je ne peux prétendre qu'il n'y ait eu que du négatif dans cette "affection non partagée", ce serait mentir. La vérité rend les choses beaucoup plus dure: je n'arrive pas à tout regretter. Bien sûr je regrette telle ou telle conversation, tel ou tel message qui n'était que le fruit d'une frustration, tel ou tel mot prononcé sans réfléchir, telle ou telle déclaration sans réponse... mais dans le fond, c'est beau tout ça, c'était beau...
Je reste partagée: je me dis que si tu avais été immonde les choses auraient été plus faciles, mais d'un autre côté cela m'aurait fait croire que j'avais aimé un abruti...chose que je ne suis pas prête à admettre. Je préfère me dire que j'ai eu bon goût, que je n'aurai pas pu trouver mieux... enfin pas encore. Il a fallu que je flanche pour mon contraire, je me serais ennuyée s'il n'y avait pas eu de conflit dès le départ... il y en a eu trop. C'est une question de mesure. Je veux faire mieux la prochaine fois... je veux qu'il y ait une prochaine fois.
Voilà pourquoi je dis adieu, je ne le fais que par ce blog mais dans ma tête tout est plus clair une fois qu'il y a rédaction. Tu continueras à m'appeler, je continuerai à répondre, mais pas comme avant, pas en attendant qu'il se produise un miracle. C'est fini... ça y est je l'ai écrit! Ca me rassure de voir ces mots qui m'ont fait si peur jusqu'alors. C'est sur papier tout ça, c'est immortel. C'est comme dans un livre, on attend la suite, j'attends la suite. Au moins je n'aurai pas manqué d'intensité parce qu'autant l'avouer: c'est vrai ce qu'on dit, il vaut mieux avoir souffert par amour que de n'avoir jamais aimé.

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« Tout change, tout périt, tout passe, il n’y a que le monde qui reste, il n’y a que le temps qui dure »… et il y a les souvenirs, ces fragments de deux années qui s’achèvent et qui laissent bien plus qu’un goût amer. J’ai envie de crier :« Famille je vous hais », cette famille qui s’est créée et qui m’abandonne, qui s’effrite, qui se chamaille pour un rien et se prive de happy end ! J’ai le droit à une belle fin, bon sang ! Je veux une mort grandiose et pas une de ces histoires bâclées ! Je veux quelque chose de consistant, qui rende hommage à tout ce qui a pu se passer et qui me laisse envisager un après avec la joie de l’accomplissement ! Je ne veux pas avoir à pleurer deux années durant le reste de ma vie ! Je mérite mieux !

Et pour l’instant je fais quoi à votre avis à part être en deuil de ces journées encore agonisantes. Je me dis que des regrets il y en aura forcément, quoi qu’on fasse… qu’il y en déjà beaucoup, et que je les déteste. Les regrets, c’est le signe de l’échec et c’est l’aveu de l’impuissance. Ça vous bouffe de l’intérieur et ça ruine tous les vestiges de ces petites anecdotes, de ces pics au p’tit déj, de ces blagues de mauvais goût, de ces promenades dans la vieille ville, de ces verres aux Artistes, de ces courses du lundi après-midi, de ces épisodes de Plus Belle La Vie, de ces petites caresses sur le bras quand ça va pas, de ces jeux de rôle avec les peluches, de ces réflexions cochonnes, de ces ballons en surimi à la cantine, de ces dernières élections présidentielles, de ces pâtes au saumon, de ces fiches parfaites, de ces films trop longs. Je peux continuer la liste encore longtemps mais ça ne me ferait aucun bien. On en a vécu des trucs. Tout ça gâché parce que ça s’arrête forcément à un moment et parce que les gens sur les photos sont partis…ou qu’ils n’ont jamais été vraiment là…. AH ! mes oasis ! C’est dégueulasse de m’avoir fait vivre ça alors que vous le saviez depuis le début, vous, que ça marcherait pas toujours ! Les souvenirs je m’en fous et j’en crève ! Moi, j’ai plus que des regrets parce que j’ai aimé tout, les bidules, les truc-muches, les boxons. …. Vous aviez pas le droit ! Pas le droit de changer mon monde à moi ! C’est nul parce que quand je cherche quelqu’un à l’internat y’a une porte qui s’ouvre et que dans mon appartement y’aura que moi. Parce que quand je fais du café c’est pas que pour ma tronche… pas comme l’an prochain alors que j’aime même pas ça le café ! Parce que si mon mur est vide aujourd’hui, c’est que vos photos j’en peux plus… parce qu’il se pourrait qu’un jour il n’y ait plus que des photos ! Parce que c’est déjà le cas, que les adieux ont commencé l’an dernier et que j’y pense tout le temps, même en dormant… quand j’arrive à dormir ! Parce que c’est pas juste ! J’ai trop donné, j’ai plus rien… rien. Et je regrette tellement de choses… tellement de choses…. Et la prépa devrait être un regret de plus ! Non mais vous êtes pas bien ! C’est pas fini tout ça ! Y’a encore une page à écrire et une belle s’il vous plait ! De la grande littérature ! On est en khâgne oui ou non !?

 

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